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20 mai 2010 4 20 /05 /mai /2010 18:00

Si plus d'un timbre se disputent le titre du timbre le plus rare (ce sont tous les timbres ou plus précisément toutes les variétés de timbre connus à un seul exemplaire), la palme du plus cher revient sans conteste à ce timbre de Suède :

 

http://lh3.ggpht.com/_m5TAVVZAIO0/S_L3qbezimI/AAAAAAAAB8c/vsgJ-jY34Xs/s400/18-05-2010-1.jpg

Mis en vente par David Feldman SA, vente aux enchères privée du 22.05.2010, seul et unique lot.

Valeur estimée : 1 500 000 à 2 000 000€

Prix de vente : Inconnu

ex Ferrary, Carol II de Roumanie, Berlingen

 

Récemment exposé à Londres dans le cadre de l'exposition internationale décennale de Londres qui s'est terminée le 15 juin, ce timbre sera offert dans une vente aux enchères privée à Genève, le 22 mai 2010. Seuls les acheteurs potentiels seront admis et devront s'engager à

  1. Ne pas divulguer le nom des personnes présentes;
  2. Ne pas divulguer le nom de l'acheteur;
  3. Ne pas divulguer le prix de vente.

 

L'acheteur du timbre, qui sera vendu sans prix de réserve, pourra faire connaître les détails de la transaction s'il le souhaite. Tout ce qu'on sait, c'est que cet acheteur devra acquitter des frais de transaction de 19,5%, ainsi que la taxe de vente de 7,6% s'il est Suisse.

 

La valeur estimée est raisonnable au regard du prix atteint par ce timbre en 1996, 2 875 000 francs suisses (sans qu'il soit précisé si ce montant inclus ou non les frais de vente). D'ailleurs c'est la quatrième fois que David Feldman SA met ce timbre aux enchères (977 500 F en 1984, près du double en 1990 et le triple en 1996).

 

À Londres, le timbre était exposé... sous un escalier ! Bien seul dans un écrin, loin de la foule, un garde de sécurité assis à moins d'un mètre, et surtout quatre panneaux d'explications que je me suis empressé de lire et qu'on retrouve dans le catalogue de vente, disponible en téléchargement sur le site du vendeur. C'est d'ailleurs de ce catalogue que je tire la majorité des informations de ce billet.

 

Mais au fait, pourquoi ce timbre est-il rare ? Il s'agit d'une erreur de couleur; le timbre de 3 skilling banco est normalement vert alors que la couleur jaune orange était réservée au timbre de 8 skilling banco. C'est le seul exemplaire qui ait été découvert.

 

Pourquoi ce timbre est-il si cher ? Son authenticité ne fait aujourd'hui aucun doute et surtout ce timbre est une véritable star à l'histoire mouvementée, ce qui n'est pas le cas de tous les timbres uniques.

 

Commençons donc pas le commencement. La Suède émet ses premiers timbres en 1855, une série de cinq timbres représentant les armoiries royales. Chacun de ces timbres fera l'objet de plusieurs tirages qui sont aujourd'hui très bien documentés (j'ai d'ailleurs pu voir à Londres une magnifique collection spécialisée du 4 skilling banco et discuter avec le collectionneur qui me l'a présentée plus en détails). Le timbre qui nous intéresse a été oblitéré le 13 juillet 1857, à Nya Kopparberget, une petite ville du centre de la Suède fondée au XVIIème siècle près d'un riche gisement de cuivre. Sur le site de la ville, on apprends même que le 13 juillet est aujourd'hui le « jour du treskilling » au cours duquel il y a diverses animations dont un lever de drapeau à l'effigie du fameux timbre ci-haut !

 

En 1885, un adolescent du nom de Georg Wilhelm Backman décolle de la correspondance familiale conservée par sa grand-mère plusieurs timbres, dont l'exemplaire ci-haut, qui aurait été utilisé par Olof Leopold Sillén, un botaniste suédois, dans une lettre à destination de Per Wilhelm Sillén, grand-père de notre jeune adolescent. Le timbre en poche, l'adolescent le présente au marchand Heinrich Lichtenstein, qui promettait une somme allant jusqu'à 7 couronnes pour des exemplaires du 3 ou du 24 skilling banco, ces deux timbres étant été émis à moins de 200 000 exemplaires. Quelle ne fut pas la surprise du marchand de voir cet exemplaire jaune orange plutôt que vert ! Le jeune homme eu ses 7 couronnes... et le marchand 4000 gulden neuf ans plus tard, une somme colossale.

 

En 1917, le baron Philippe de la Renotière von Ferrary, l'acheteur du timbre en 1894, décède et lègue sa collection à l'état allemand. Cependant, les Allemands perdent la guerre et les Français, fort du traité de Versailles, liquident à leur profit l'extraordinaire collection du baron. Après avoir changé de main plusieurs fois, le timbre rejoint en 1937 la collection du roi Charles II de Roumanie. Durant la deuxième guerre mondiale, il est exilé et trouve refuge au Portugal, où sa collection de timbres lui permettra d'être à l'abri de la gêne.

 

Durant le deuxième moitié du vingtième siècle, le timbre est largement médiatisé. L'appellation Treskilling Yellow est aujourd'hui une marque déposée ! Toute cette agitation autour d'un timbre unique a bien évidemment soulevé des soupçons sur l'authenticité de la chose. Déclaré faux par un groupe d'expert en 1974-75, une étude poussée conclut à son authenticité en 1975. Les preuves irréfutables sont :

  1. Les archives postales, qui nous apprennent que Nya Kopparberget fait partie des villes qui ont reçu un tirage particulier du 8 skilling banco à l'été 1857.
  2. L'examen détaillé du timbre et des ses caractéristiques (couleur, impression, papier) qui correspondent exactement à celles du tirage susmentionné.
  3. Une diffractométrie à rayons X, qui prouve que l'encre est bien celle du timbre de 8 skilling.

 

Il s'agit donc bel et bien d'une erreur authentique; un cliché du 3 skilling a été introduit par erreur dans la planche du 8 skilling, quelques feuilles ont été imprimées puis distribuées aux bureaux de poste avant que l'erreur en soit rectifiée.

 

À 0,02675 grammes, ce bout de papier vaut aujourd'hui au moins 50 milliards d'euro le kilo ! Il peut être à vous samedi... pas mal pour impressionner les copains !

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18 mars 2009 3 18 /03 /mars /2009 21:22
C'est en avril 1851 que le royaume du Danemark imprime son premier timbre-poste. Il s'agit d'un timbre de 4 rigsbankskilling, destiné à l'affranchissement du courrier intérieur.

Un mois plus tard, un timbre de 2 rigsbankskilling était émis, pour le courrier local cette fois-ci, principalement celui de Copenhague. C'est ce timbre qui porte le n° 1. Il sera tiré à près de 500 000 exemplaires et sera utilisé pendant 3 ou 4 ans, jusqu'au changement monétaire de 1854.

On distingue deux impressions. La première est réalisé directement à l'aide de plaques de cuivre, par M. W. Ferslew, qui est remplacé à sa mort par H. H. Thiele, qui procède plutôt par typographie. On distingue donc ces deux impressions par le relief du motif, plus prononcé pour la première. La deuxième impression fut environ quatre fois plus importante en volume que la première.

Les amateurs de types aiment particulièrement ce timbre car il y a dix clichés différents, recopiés dix fois pour former une planche de cent timbres, et deux planches différentes. On distingue relativement facilement les deux cents positions car chacune d'entre elle a été retouchée avant l'impression. De plus, les clichés de quatre positions de la première planche ont éventuellement été remplacés car abîmés.

Voici ce qui est sans nul doute l'un des plus bel exemplaire de ce timbre :

Mis en vente par Postiljonen, vente aux enchères du 04.04.2009, lot n° 5.

Mise à prix : 20 000€
Prix de vente : Invendu

ex Stig Andersen, Peer Lorentzen

Le timbre est neuf, en parfaite condition, de couleur radieuse, avec de belles marges amples et avec en plus sa gomme originale immaculée ! Impossible de faire mieux.

Il s'agit d'un exemplaire de la première impression, planche n° 1, position 63, type 3. Ce type se caractérise par les trois lignes horizontales à la droite du P de POST; la première est légèrement brisée vers la droite. Pour la petite histoire, KGL est l'abbréviation de Kongelig, qui signifie « royal ».

Mise à jour du 11 avril 2009

Voici l'unique bloc oblitéré de ce timbre :

Mis en vente par David Feldman SA, vente aux enchères du 01.05.2009, lot n° 60007.

Valeur estimée : 120 000 à 180 000€
Prix de vente : Invendu

ex Scott

Il s'agit des positions 1, 2, 11 et 12, du deuxième tirage. Les bords de feuille gauche et supérieur n'ont pas été conservés. Le vendeur précise que ce bloc a été découvert il y a une vingtaine d'année dans un album philatélique d'une écolière.

Trois blocs neufs seraient connus, dont l'un se trouve au musée postal danois, que je n'ai malheureusement pas eu la chance de visiter durant mon séjour dans ce pays l'été dernier, même si je suis passé devant par hasard. Une autre fois peut-être !




Mises à jour : une paire neuve du premier timbre de Finlande, ainsi que la remise en vente d'un tête-bêche offert l'an dernier dans une autre maison de vente.
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25 novembre 2008 2 25 /11 /novembre /2008 21:15

Laissons de côté l'aspect culturel fort de l'apprentissage d'une langue étrangère et concentrons-nous sur l'aspect pratique en philatélie. Le strict minimum que tout un chacun devrait connaître dans une langue étrangère d'un pays dont on s'intéresse aux timbres est le nom du pays, de la devise monétaire ainsi que les nombres les plus courants, comme les chiffres de un à dix, les dizaines, etc.


Voici un timbre émis par la Suède dans la deuxième moitié du dix-neuvième siècle :


Mis en vente par AB Philea, Lars Tore Eriksson et Frimärkskompaniet, vente aux enchères n° 270, lot n° 540.


Prix de départ : 25 000 kr


Sverige, c'est Suède. Frimärke, timbre. Tretio öre, trente öre. Trente ? Trente ! Il s'agit donc bien d'une erreur, d'une erreur qui multiplie quand même la valeur du timbre par mille.


D'après le catalogue Facit, 970 exemplaires auraient été produits et vendus avec cette erreur, à comparer aux 18,6 millions d'exemplaires normaux, où on lit bien tjugu öre. Il s'agit certainement d'une erreur de cliché qui a été corrigée puisqu'on connaît deux ou trois paires comportant un exemplaire normal et un exemplaire erroné.

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14 mai 2008 3 14 /05 /mai /2008 23:32
Avant de répondre à cette question, faisons deux petites parenthèses. La première pour mentionner que ce blog reprend après de longues vacances de printemps (avec quatre jours fériés répartis sur 12 jours, difficile de ne pas en profiter !) et la deuxième pour présenter rapidement une vente exceptionnelle de raretés philatéliques scandinaves.

Organisée par Spink Shreves Galleries, la vente de la collection de Scandinavie de William H. Gross est particulière pour plusieurs raisons. La première c'est que cette collection comprend de nombreux items excessivement rares (dont ceux présentés dans cet article). La deuxième c'est que la vente ne comprend que 110 lots... dont la quasi-totalité sont inaccessibles aux collectionneurs « moyens ». Finalement, la troisième est que cette collection est vendue au profit d'un organisme caritatif, le projet Millenium Villages du Earth Institute de l'Université Columbia. Ce projet vise à combattre la pauvreté par la création d'une dynamique positive et durable permettant aux habitants d'améliorer significativement leur niveau de vie. Le vendeur ne mentionne pas si lui-même consacrera une partie des frais de vente à cette oeuvre charitable...

Revenons à la question. Les deux premiers timbres de Finlande, de 5 et 10 kopecks, étaient imprimés à la main, sur des bandes de papier suffisamment large pour caser environ une dizaine d'exemplaires horizontalement. Une fois la première rangée imprimée, on faisait pivoter la feuille et on imprimait une deuxième rangée, pour un total d'une vingtaine de timbres par feuille (le nombre exact pouvait varier, le processus n'étant absolument pas automatisé).

Ainsi, les deux rangées de timbres se présentaient toujours tête-bêche. On pouvait donc découper des « paires » verticales (les timbres n'étant pas alignés, il s'agit de paires ou de blocs irréguliers comme on le verra sur les illustrations plus bas) pour obtenir les tête-bêche.

Il reste aujourd'hui très peu de ces paires, moins d'une vingtaine pour chaque timbre (un recensement a été effectué par Linder dans son livre Finland's ovalmärken), en partie parce que souvent les timbres étaient livrés aux bureaux de poste déjà séparés les uns des autres...

Voici quatre de ces paires ou blocs :

Les premiers timbres de Finlande tête-bêche

Mis en vente par Spink Shreves Galleries, vente aux enchères n° 102 du 16.05.2008, lot n° 1019.

Cote : 600 000 kr
Valeur estimée : 50 000 à 75 000$
  Prix de vente : 57 500$

ex Fabergé
collection William Gross

Les premiers timbres de Finlande tête-bêche

Mis en vente par Spink Shreves Galleries, vente aux enchères n° 102 du 16.05.2008, lot n° 1020.

Cote : 1 200 000 kr
Valeur estimée : 75 000 à 100 000$
  Prix de vente : 180 000$

ex Ferrary, Hind, King Carol
collection William Gross

Les premiers timbres de Finlande tête-bêche

Mis en vente par Spink Shreves Galleries, vente aux enchères n° 102 du 16.05.2008, lot n° 1028.

Cote : 1 200 000 kr
Valeur estimée : 100 000 à 150 000$
  Prix de vente : 170 000$

ex Mertens, Fabergé, Lichtenstein, Amundsen
collection William Gross

Les premiers timbres de Finlande tête-bêche

Mis en vente par Spink Shreves Galleries, vente aux enchères n° 102 du 16.05.2008, lot n° 1029.

Cote : 600 000 kr
Valeur estimée : 50 000 à 75 000$
  Prix de vente : 80 000$

ex Mellgren
collection William Gross

Certaines de ces paires ou de ces blocs faisaient auparavant partie de blocs plus importants, comme le montre cette photographie d'un bloc de six qui a été séparé il y a une quarantaine d'année :

Trois tête-bêche dans un bloc de six
Comme les valeurs estimées pour les blocs de quatre ne sont que le double des valeurs estimées pour les paires, il existe un risque pour que d'autres découpages aient lieu. Réponse dans quelques années ou décennies, lorsque ces pièces reviendront sur le marché...

Mise à jour du 11 avril 2009

Une autre paire oblitérée (à l'aide de croix tracées à l'encre, ce qui était courant sur les premiers timbres de Finlande) :

Mis en vente par David Feldman SA, vente aux enchères du 01.05.2009, lot n° 60009.

Valeur estimée : 15 000 à 20 000€
Prix de vente : 19 000€


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22 avril 2008 2 22 /04 /avril /2008 21:22
Nova Stamps AB, basée à Stockholm, en Suède, nous offre sa dernière vente aux enchères, vingt-huit ans après la première. Dernière ? Pas tout à fait puisqu'elle rejoint le groupe AB Philea, qui a déjà, dans les récentes années, absorbé Lars-Tore Eriksson Frimärksauktioner et Frimärkskompaniet, deux maisons de vente suédoises réputées pour la qualité de leurs ventes. D'ailleurs AB Philea organise deux fois par an une « kvalitetaucktion » sous les marques (si on peut utiliser ce terme) Lars-Tore Eriksson et Frimärkskompaniet.

Les ventes de Nova Stamps se distinguaient en général par le très grand nombre de cartes postales qui y étaient offertes. Espérons que les amateurs sauront retrouver, dans le nouveau groupe, le même genre d'offre.

Voici un lot offert dans cette dernière vente :

Un rare timbre du Danemark
Mis en vente par Nova Stamps AB, vente aux enchères du 08.05.2008, lot n° 117.

Cote : 30 000 kr
Prix de départ : 3000 kr
Prix de vente : 9300 kr

Il s'agit d'un timbre du Danemark, émis le 1er janvier 1871. Il s'agit de la première série de ce type, la deuxième ayant été émise en 1875 lors du changement de monnaie.

Ce timbre de deux skillings est dentelé 12½x12½ et n'a été imprimé qu'à 30 000 exemplaires, en comparaison des 20 millions d'exemplaires dentelés 14x13½, ce qui est suffisant pour en expliquer la valeur aujourd'hui.

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15 avril 2008 2 15 /04 /avril /2008 22:44
Nous sommes en 1941 et l'armée allemande a plus ou moins envahi toute l'Europe, y compris la Norvège, à l'été 1940. L'Allemagne se devant de célébrer cette « victoire définitive » sur l'Europe et la Russie, un stock de timbres norvégiens sont surchargés du V de la victoire :

Victoire ou défaite ?
Mis en vente par Kjell Germeten, vente aux enchères n° 74 du 18.04.2008, lots n° 1422, 1423 et 1424.

Prix de départ : 5000, 5000 et 500 kr
Prix de vente : 5100, 5200 et 400 kr


À l'exception de 200 exemplaires du 20 öre rouge où la victoire devient un lambda... à moins que ce ne soit la victoire qui se prépare à changer de camp !

Les différents timbres V sont aujourd'hui très courants et, à l'exception des valeurs les plus courantes, la plupart se trouvent beaucoup plus aisément à l'état neuf qu'oblitérés. L'une des raisons est que ces timbres n'ont été disponibles à la vente que durant quelques mais. Un deuxième raison est qu'en 1947, avant la destruction par le feu des stocks restants, environ 50 000 jeux de ces timbres furent cédés à une association caritative afin de la soutenir.

Le troisième timbre illustré ci-haut n'est pas tout à fait un exemplaire normal, il s'agit d'une variété constante se produisant sur un timbre par planche, ce qui explique qu'il soit offert dans cette vente aux enchères.
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24 mars 2008 1 24 /03 /mars /2008 08:58
Il est suffisamment rare qu'un objet philatélique d'une telle valeur soit offert à la vente pour ne pas en parler. La question auquelle il faut répondre maintenant est comment un n° 1 de Norvège peut-il atteindre un tel prix ? Une partie de la réponse :

Norvège n° 1, bloc de 39

Mis en vente par David Feldman SA, vente aux enchères du 01.04.2008, lot n° 60083.

Valeur estimée : 1 000 000 à 1 500 000€
Prix de vente : 1 200 000€

ex Pieter Ahl

Ce bloc de trente-neuf (!) exemplaires a été découvert à la gare de Throndhjem à la fin des années 1920, sur un colis qui y traînait depuis près de soixante-quinze ans. Envoyé aux États-Unis de cette même ville (comme le confirme l'oblitération « 306 »), retourné à l'expéditeur, abandonné à la gare, ce colis aurait très bien pu ne plus jamais faire parler de lui s'il n'avait porté cet immense bloc.

Cependant, la question initiale demeure : pourquoi un tel prix ? La vraie réponse est donnée en introduction du catalogue de vente spécial consacré à cet item par le vendeur : « [The largest known multiples of first issues] serve the exhibitor by providing « bragging rights » in an exhibit, and they are of lasting monetary value ».

Il s'agit donc d'une histoire de prestige voire d'arrogance; l'acquéreur souhaite montrer au reste du monde que sa collection est la plus importante et il est donc prêt à mettre le prix pour acquérir cet objet. Découpé, ce bloc ne vaudrait pas même 1% de la valeur qu'il a maintenant.

Pour être juste, ces blocs servent également aux philatélistes à étudier les caractéristiques des premiers tirages. Par exemple, ce bloc, par sa taille, aurait grandement facilité la tâche de déterminer le planchage (plating) du panneau de cinquante duquel il est issu. Je mets le verbe au conditionnel puisque la reconstruction de la planche du n° 1 avait été complétée quelques années avant la découverte de ce bloc.

« Without doubt the most important philatelic item of Norway » selon le vendeur. Le plus important peut-être pas puisqu'il ne nous a à priori rien appris mais le plus cher, voilà qui est fort probable !

Mise à jour du 15 avril 2008

Un peu moins spectaculaire mais néanmoins intéressante, une lettre affranchie de six exemplaires de ce même n° 1 :

Norvège n° 1, sur enveloppe

Mis en vente par Kjell Germeten, vente aux enchères n° 74 du 18.04.2008, lot n° 1110.

Prix de départ : 100 000 kr
Prix de vente : Invendu

Sur cette enveloppe à destination de Königsberg (ville célèbre en mathématique grâce aux sept ponts qui ont servi d'exemple pour un article d'Euler sur la théorie des graphes), alors en Allemagne, on retrouve une bande de quatre et une paire du premier timbre de Norvège pour un tarif de 24 skillings. La présence de ces six timbres justifie le prix de départ.

Il est intéressant de noter que ces timbres ne sont pas tous de la même teinte; ils proviennent donc vraisemblablement de feuilles différentes, si ce n'est d'impressions différentes.
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22 mars 2008 6 22 /03 /mars /2008 14:54
On parlait hier du premier timbre de Finlande et d'une possible confusion avec un entier postal du même pays. Hasard du calendrier, un entier postal finlandais extrêmement rare sera offert au plus offrant dans deux semaines.

Les deux premiers entiers postaux émis par la Finlande datent de 1845. Ils seront remplacés en 1850 par des entiers postaux dont l'illustration est quasi-identique à celle des premiers timbres-poste.

Les deux premiers, d'une valeur d'affranchissement de dix et vingt kopecks représentent les armoiries de Finlande dans le coin inférieur gauche de l'enveloppe. Le tarif de 10 kopecks est le tarif intérieur unique pour toute la Russie depuis 1843. Le même tarif est introduit en Finlande le premier janvier 1845, date à laquelle apparaissent les entiers postaux. Celui de dix kopecks fut imprimé à près de 60 000 exemplaires (un par un, par l'application manuelle d'un tampon) mais est néanmoins aujourd'hui relativement peu commun.

Que dire alors de la valeur de vingt kopecks, dont seuls 645 exemplaires auraient été produits ?

Un entier postal de Finlande

Mis en vente par Postiljonen, vente aux enchères du 04 et 05.01.2008, lot n° 858.

Cote : 300 000 kr
Prix de départ : 15 000€
Prix de vente : 15 000€

ex Fabergé


On ne connaîtrait aujourd'hui qu'une dizaine d'exemplaires, dont quatre hors musées. Celui offert ici est sur papier vergé filigrane (on connaît cinq filigranes différents sur l'enveloppe de dix kopecks et un papier sans filigrane, plus commun), a été posté de Åbo (Turku) pour Helsingfors (Helsinki). L'oblitération dans le coin supérieur droit serait le nom de la ville d'origine, en lettre cyrillique selon un expert, en lettre latine selon un autre...
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21 mars 2008 5 21 /03 /mars /2008 18:16
Les deux premiers timbres émis par la Finlande s'apparentent à une oblitération. Le premier, 5 kopecks (il faut se souvenir que la Finlande était à l'époque sous domination russe) est bleu tandis que le deuxième, de dix kopecks, est rouge carmin.

Voici une paire du premier, sur une enveloppe déposée à la poste le 4 juin 1858 :

Finlande, 5k, paire sur enveloppe
Mis en vente par Engers Frimerker, vente aux enchères n° 97 du 29.03.2008, lot n° 1530.

Prix indicatif : 70 000kr
Prix de vente : Invendu

ex Burrus

Sans être une exceptionnelle rareté, un tel pli est très peu commun. Un peu moins de 140 000 exemplaires de ce timbre ont été imprimés et utilisés durant environ quatre ans. On en distingue deux types, selon la taille de la perle qui se trouve dans l'ouverture des cors situés sous les armoiries.

La paire ci-haut est du type II, les perles étant relativement grosses, bien que difficiles à voir sur ce scan.

L'oblitération manuscrite est très courante sur les premiers timbres Finlandais. En complément, on a un cachet à date de la ville d'Helsinki (Helsingfors est la graphie suédoise). Les collectionneurs recherchent en priorité des timbres avec oblitération postale et sans oblitération manuscrite et en dernier lieu des timbres qui n'ont que l'oblitération manuscrite.

Un autre fait intéressant est que la Finlande, avant d'émettre ces timbres, avait créée des entiers postaux. De 1856 à 1858, on pouvait donc acheter un enveloppe au dos de laquelle, sur le rabat, était imprimé ce timbre. De petits malins ont alors découpé le timbre imprimé sur l'entier postal pour le coller sur une autre enveloppe et l'utiliser comme affranchissement ! Ces pièces sont aujourd'hui très recherchées. Cependant, un entier postal découpé est lui sans grande valeur... sauf si un vendeur peu scrupuleux ou mal informé tente de le vendre comme un authentique n° 1. Pour distinguer les deux, il suffit de comparer les vergeures du papier : horizontales ou verticales dans le cas du timbre, diagonales dans le cas de la vignette découpée de l'entier postal...

Autre fait intéressant : ces timbres (tout comme les entiers postaux) étaient imprimés un par un, en général une vingtaine par feuille, sur deux rangées. Ils étaient ensuite livrés par paquets de 100 aux bureaux de poste.

Mise à jour du 14 mai 2008

Voici un autre exemple d'une paire sur lettre :

Finlande, 5k, paire sur enveloppe
Mis en vente par Spink Shreves Galleries, vente aux enchères n° 102 du 14.05.2008, lot n° 1023.

Valeur estimée : 7500 à 10 000$
  Prix de vente : 14 000$

ex Nygren
collection William Gross

On observe de nombreuses caractéristiques communes entre ces deux lots : l'oblitération manuscrite, le cachet à date d'Helsinki daté de 1858, la position des timbres dans le coin inférieur gauche de l'enveloppe et surtout l'élégance de ces plis qui ont été postés il y a 150 ans...

Mise à jour du 18 mars 2009

Une autre paire tout à fait exceptionnelle :

Mis en vente par Postiljonen, vente aux enchères du 04.04.2009, lot n° 120.

Mise à prix : 25 000€
Prix de vente : 22 000€

Elle est neuve, avec sa gomme originale !
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10 mars 2008 1 10 /03 /mars /2008 22:27
Les premiers timbres de Finlande présentent une dentelure unique dans le monde de la philatélie classique. Les dents sont rondes et énormes. Comme une image vaut mille mots, voici un exemple parmi tant d'autres mais qui présente une particularité intéressante :

Finlande, roulette serpentine

Mis en vente par Thomas Høiland Auktioner, vente aux enchères du 13.03.2008, lot n° 1876.

Prix de départ : 36 000 kr
Prix de vente : Invendu

Cette dentelure spectaculaire possède un grand défaut, sa fragilité. Il est extrêmement courant qu'une ou plusieurs dents soient abîmées. L'exemplaire ci-haut possède de belles dents mais certaines sont un peu courtes.

La question maintenant qui se pose est pourquoi ce timbre est-il si cher ? Il s'agit du timbre de 40 penni, émis à partir de 1866. 3,2 millions d'exemplaires ont été imprimés.

Là où ça devient un peu plus compliqué, c'est qu'on distingue sept papiers différents. Heureusement pour nous qui ne sommes pas spécialiste, le cachet nous enlève tout doute. On y lit (avec un peu d'effort) « Nyslott, 12.8.1867 ». D'après les dates des tirages, il ne peut donc s'agir que du papier ordinaire de couleur rose pâle, le type le plus courant, puisque un peu moins de 1,8 millions d'exemplaires auraient été imprimés sur ce papier.

Ensuite, le timbre de 40 penni vient en deux types. Là c'est facile. Les traits de la couronne sont épais et masquent certains détails, il s'agit dont du type I, le plus courant puisque sur 50 timbres, 47 sont de type I et trois de type II.

Finalement, la dentelure. Ces perforations, « serpentine roulette » en anglais, sont de quatre types différents, selon la forme et la taille des dents, ainsi que leur espacement. Les trois premiers types se distinguent principalement par la taille des dents, qui sont légèrement inclinées. Le type II par exemple se caractérise par des dents de 1,6 à 1,9 mm de hauteur. Le type IV est différent par la forme, les dents sont droites et ressemblent vaguement à la tête d'une pelle ronde.

C'est ici le secret de notre timbre. Les dents horizontales sont de type IV et les dents verticales sont elles de type II. Regardez le scan, c'est évident une fois qu'on le sait !

Évidemment, un certificat est recommandé pour une telle pièce. Celui qui accompagne cet exemplaire mentionne que deux seuls autres exemplaires seraient connus, également porteur du cachet de la ville de Nyslott, daté du même jour.
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Présentation

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