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15 janvier 2009 4 15 /01 /janvier /2009 21:26
La première série de timbre de Terre-Neuve a, comme la plupart des premières émissions un peu partout dans le monde, fait l'objet de plusieurs tirages. On distingue aisément trois tirages, le premier de 1857, le deuxième de 1860 et le troisième de 1861, par la couleur des timbres de 2, 4, 6, 6½, 8 et 12 pence qui passe de vermillon écarlate à orange puis rose.

Du premier tirage, les timbres de 1, 3 et 5 pence, qui ont une forme différente des autres timbres de la série, sont relativement commun, tout comme le timbre de 8 pence. Les cinq autres valeurs sont particulièrement rares et ont dénombre vraisemblablement de quelques centaines à un millier d'exemplaires.

Les multiples en revanche sont extrêmement rares. Par coïncidence, trois paires de ces timbres sont offerts ce mois-ci, une à Ottawa et deux à Londres :

Mis en vente par Spink, vente aux enchères n° 9003 du 22.01.2009, lot n° 258.

Cote : 11 000£
Valeur estimée : 5500 à 6000£
Prix de vente : 5000£

Mis en vente par Sparks Auctions, vente aux enchères n° 3 du 13.01.2009, lot n° 891.

Cotes : 7500$, 8000$ et 5000£
Prix de vente : 3200$

Mis en vente par Siegel Auction Galleries, vente aux enchères n° 949 du 14.12.2007, lot n° 1253

Cote : 6000$
Prix de vente : 2100$

ex Dale, Carey-Fox, Pratt

Mis en vente par Spink, vente aux enchères n° 9003 du 22.01.2009, lot n° 259.

Cote : 7000£
Valeur estimée : 3400 à 3600£
Prix de vente : 3200£

Mis en vente par Siegel Auction Galleries, vente aux enchères n° 579 du 29.04.1981, lot n° 595.

Cote : 4000$
Prix de vente : 4250$

ex Lichtenstein

La première paire, verticale, est pliée au centre, tout juste au-dessus du timbre du bas.

La deuxième paire, malgré des marges un peu serrées, est intègre. Il est important de noter que c'est le seul multiple connu de ce timbre. Elle est illustrée dans le livre de Pratt consacré aux premiers timbres de Terre-Neuve.

La troisième paire est superbe d'apparence mais possède deux petits défauts, un aminci et un léger pli sur le timbre de gauche. On la retrouve dans une vente 28 ans plus tôt, ce qui permet de constater que sa valeur n'a pas particulièrement augmenté en comparaison avec d'autres timbres.

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14 janvier 2009 3 14 /01 /janvier /2009 22:07
C'est le 1er octobre 1861 que les premiers timbres de Grèce sont mis en circulation. Les premières impressions sont réalisées à Paris. Les timbres sont ornés de l'effigie du dieu Hermès, dans un cadre identique à celui des premiers timbres de France, ce qui n'est pas étonnant, le dessinateur-graveur des timbres grecs étant le fils de celui des timbres Français.

Voici une lettre ayant voyagé ce premier jour d'utilisation des timbres-poste :

Mis en vente par A. Karamitsos, vente aux enchères n° 312 du 07.02.2009, lot n° 44.

Prix de départ : 35 000€
Prix de vente : Invendu

Cette lettre, postée de ΙΒΡΑΙΛΑ (ΒΛΑΧΙΑ) a mis 12 jours pour se rendre à ΣΠΕΤΣΑΙ. Malheureusement ma connaissance du grec se limite aux lettres utilisées en mathématique; cependant il semble que la ville de destination soit la petite île de Spetses, située près de la Grèce continentale, à un peu moins de 100 km du port d'Athènes.

Elle est affranchie au montant de 2x80 + 40 = 200 leptas, soit deux drachmes. L'oblitération rectangulaire contient les mots ΠΛΗΡ./ΑΝΕΠΑΡΚΗΣ, ce qui pourrait vouloir dire affranchissement insuffisant. Faut-il en conclure que la lettre a été postée ce jour-là sans affranchissement par habitude et qu'elle a ensuite été taxée ? Il faudrait un spécialiste pour nous répondre...



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10 janvier 2009 6 10 /01 /janvier /2009 17:04
Transportons-nous dans la colonie britannique du Nouveau-Brunswick en 1860, quelques années avant son rattachement au Canada.

À l'époque, l'honorable Charles Connell est un personnage politique important du Nouveau-Brunswick. Il est membre de l'assemblée législative depuis 1846 et est nommé intendant des postes en 1859. Cependant, il n'occupera ce poste qu'une seule année, pour la raison que l'on va voir.

Comme les autres colonies britanniques d'Amérique du nord, le Nouveau-Brunswick se prépare à troquer la monnaie anglaise par une monnaie décimal, basée sur les dollars et les cents. L'intendant commande donc à l'American Bank Note Company une nouvelle série de timbre pour remplacer la précédente. Cette série comprendra les valeurs 1¢, 5¢, 10¢, 12½¢ et 17¢, qui correspondent aux tarifs de l'époque.

Charles Connell s'implique personnellement dans le design des timbres et fait même un déplacement à New York pour l'occasion. Le tout est gardé secret jusqu'à ce que les timbres soient reçus au Nouveau-Brunswick à la fin avril. C'est le début du scandale :

Le timbre de Charles Connell
Mis en vente par Sparks Auctions, vente aux enchères n° 3 du 13.01.2009, lot n° 864.

Cote : 6000$, 6000£
Cote : 12 000$
Prix de vente : 2500$

Le timbre de 1¢ est orné d'une locomotive (c'est d'ailleurs le premier au monde), celui de 10¢ du protrait de la reine, celui de 12½¢ d'un transatlantique et celui de 17¢, qui arrivera un peu plus tard, du portrait du prince de Galles. Le timbre de 5¢ quant à lui est orné d'un portrait de Connell lui-même ! On évoque un crime de lèse-majesté et on reproche à l'intendant des postes sa vanité. L'affaire fait grand bruit.

Le gouverneur général tranche le 8 mai : les timbres de la série peuvent être émis, sauf le 5¢, qui doit être réimprimé avec le portrait de la reine Victoria. L'intendant des postes remet sa démission, qui est acceptée. Il ramène chez lui « son » timbre et brûlent presque toutes les feuilles.

Il en aurait offert une à chacune de ses filles, qui les auraient détruites, histoire d'oublier la honte qui venait de s'abattre sur la famille. Cependant, quelques dizaines d'exemplaires (on estime qu'environ 75 exemplaires auraient survécus jusqu'à nous) échapperont à la destruction et sont aujourd'hui, avec les nombreuses épreuves, un témoignage amusant des premiers pas de la philatélie et de l'épineux problème du choix des émissions.

Malgré le scandale provoqué à l'époque, il semble que la carrière politique de Charles Connell se soit poursuivie sans encombre jusqu'à sa mort en 1873. Charles Connell n'a jamais offert d'explication pour son geste, ne l'a jamais revendiqué mais n'a pas rejeter la faute sur une tierce personne non plus. Toujours est-il qu'aujourd'hui il fait partie de l'histoire de la philatélie...

L'exemplaire illustré ci-haut est typique de la condition dans laquelle on retrouve les exemplaires véritables. Séparé au ciseau, sans gomme, avec de petits défauts. Celui-ci porte en plus une fausse oblitération, aucun exemplaire n'ayant voyagé par le système postal officiel.

Voici un autre exemplaire offert à la vente, un peu plus joli que le précédent mais réparé sur les deux côtés :

Le timbre de Charles Connell
Mis en vente par Vance Auctions Ltd, vente sur offre n° 265 se terminant le 22.01.2009, lot n° 5062.

Cote : 7500$
Prix de vente : Inconnu

Finalement, s'il faut remplir la case de l'album, peut-être vaut-il mieux se procurer une épreuve et la denteler :

Le timbre de Charles Connell
Mis en vente par Sparks Auctions, vente aux enchères n° 3 du 13.01.2009, lot n°  861.

Cote : 300$
Prix de vente : 230$

ex Hatfield

Cependant attention, l'intendant des postes vous a à l'oeil !

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25 décembre 2008 4 25 /12 /décembre /2008 23:28
C'est un participant assidu du newsgroup fr.rec.philatelie qui a fait une observation amusante que je reprends sur ce blog.

Voici d'abord un timbre relativement commun, le 10 centimes Napoléon III « lauré », de couleur bistre :

10 centimes Napoléon III
Mis en vente par frenchcovers sur ebay, vente aux enchères se terminant le 14.12.2008, lot n° 190272901135.

Prix de départ : 0,01€
Prix de vente : 44,94€

Cet exemplaire est neuf avec gomme. Le vendeur, dans un optimisme débridé, le qualifie de superbe. Une vente bien ordinaire qui serait passée totalement inaperçue s'il n'y avait pas eu, une semaine plus tard, le lot suivant d'offert à la vente :

10 centimes Napoléon III
Mis en vente par antoseka sur ebay, vente aux enchères se terminant le 27.12.2008, lot n° 130276902164.

Prix de départ : 1,00€
Prix de vente : 25,50€

Il s'agit d'un timbre non-émis, qui est numéroté par le catalogue Yvert & Tellier et qui est donc recherché par des collectionneurs qui autrement ne s'y seraient pas intéressés. Sans être rare, il est beaucoup moins commun que son homologue sans surcharge.

On se convaincra facilement que ce timbre est le même qui celui illustré en début d'article. En examinant les listings d'enchères sur ebay, on constate que l'acheteur du premier est le vendeur du second...

Le vendeur précise que le timbre est authentique mais que la surcharge n'est pas d'époque. On s'en doute, vu sa médiocre ressemblance avec l'original. Le procédé utilisé est probablement numérique, vu la pixellisation. Dans ce cas, pourquoi ne pas mieux reproduire l'original ?

Comme le fait remarquer un autre lecteur de fr.rec.philatelie, on ne peut que s'incliner devant un type qui « investit » 45 euros pour acheter un timbre qu'il bidouille si manifestement pour le reproposer ensuite à la vente à partir de un euro. Réussira-t-il à convaincre un acheteur ? Réponse dans quelques jours...


Mise à jour : Plus sérieusement, la détermination des types de surchage pour le vol du Columbia ainsi que l'ajout d'une page de références philatéliques accessibles sur la toile.

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17 décembre 2008 3 17 /12 /décembre /2008 21:36
Il y a tout juste deux semaines je présentais un timbre offert sur ebay sur lequel il était préférable de s'abstenir d'enchérir. En voici un autre :

Mis en vente par spoduck sur ebay jusqu'au 17.12.2008, lot n° 330292165032.

Prix de départ : 0,99$
Cote : 250$
Prix de vente : 27$

Le hic, c'est que le vendeur le décrit comme étant le n° 1 (numérotation Scott) alors qu'il s'agit d'un n° 5. La seule différence entre ces deux timbres est la dentelure; le premier est dentelé 9, le deuxième 12. Entre ces deux gradation, la différence est nettement visible à l'oeil nu. Une autre différence importante mais invisible cette fois, c'est que le premier vaut entre 25 et 100 fois plus que le deuxième !

Comme il peut s'agir d'une erreur de bonne foi, je l'ai signalé au vendeur, comme je l'ai déjà fait au moins une autre fois dans le passé dans exactement la même situation. Cependant, à la différence de l'autre vendeur qui avait rectifié le tir, celui-ci a ignoré ma remarque et laissé courir les enchères, qui, de façon surprenante, ont atteint un montant élevé considérant l'erreur manifeste.

Lecteur et collectionneur néophyte, soit vigilant !

Voici un exemple du n° 1 :

Île-du-Prince-Édouard, two pence
Mis en vente par Philosopher's Philately sur ebay jusqu'au 19.12.2008, lot n° 360115209389.

Cote : 600$
Prix de départ : 9,99$
Prix de vente : 104,01$


La description du vendeur est détaillée :

No cancel. No gum. This stamp has been freshly washed in plain water to remove old hinges and shreds of paper, and to reveal any hidden faults. There are two horizontal creases very close to the top edge, with a tiny 1mm closed tear below the W of Edward. The tip of the SW corner is thinned. No other faults or thins.

Malgré les (nombreux) défauts du timbre, l'acheteur peut enchérir en toute connaissance de cause.

À titre de comparaison, voici un exemplaire du n° 5, dentelé 12 :

Île-du-Prince-Édouard, two pence
Mis en vente par padstamps sur ebay jusqu'au 21.12.2008, lot n° 250343859869.

Prix de départ :
Prix de vente :

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16 décembre 2008 2 16 /12 /décembre /2008 22:41
La présence de l'effigie de la Reine Victoria sur des timbres de Heligoland, offerts dans une vente consacrée aux états allemands, attire mon attention. Grâce à mon encyclopédie préférée, j'apprends que Heligoland est un archipel de petites îles situées à 70 km au nord-ouest de l'Allemagne. Si la Reine Victoria orne les premiers timbres-poste de cette île germanique, c'est tout simplement qu'en 1867, ce sont les Anglais qui « possèdent » le territoire. En 1890, elle sera « restituée » aux Allemands, et deviendra partie intégrante du territoire allemand, et plus particulièrement du Schleswig-Holstein.

Lourdement bombardée durant la deuxième guerre mondiale en raison de la présence d'une base navale allemande, l'île servira de zone de bombardement d'essai durant sept années avant d'être remise aux Allemands. Dans un souci de destruction qui échappera peut-être à ceux d'entre nous qui n'ont pas connu la guerre, les Britanniques feront exploser simultanément près de 7000 tonnes d'explosifs le 18 avril 1847 afin de raser les fortifications de l'île. Triste passé.

Revenons à la philatélie. Bien que minuscule (aucune île ne dépasse le km carré), l'archipel fut au dix-neuvième siècle un lieu de villégiature prisé. Il y a donc une réelle correspondance postale avec le continent :

Un courrier d'Heligoland
Mis en vente par Till Neumann Klassische Philatelie, vente aux enchères n° 3 du 10.01.2009, lot n° 244.

Prix de départ : 18 000€
Prix de vente : 18 000€

Cette lettre, postée le 27 juillet 1868, est affranchie de 3½ schillings (et non shillings, la devise utilisée n'est donc pas celle de conquérant anglais), le tarif alors en vigueur pour une lettre standard à destination de l'Allemagne.

Son prix est élevé car seuls 30 000 exemplaires du timbre de ½ schilling furent imprimés (en deux tirages, le premier de 20 000 exemplaires le 21 mars 1867, le deuxième le 25 août 1868) et 40 000 exemplaires du timbre de 1 schilling (le 21 mars 1867, avec les autres timbres de la série, 2 et 6 schillings). D'ailleurs, le tarif de 3½ schillings était le plus souvent réalisé à partir de la combinaison 2+1+½ schillings.

Les premiers timbres d'Heligoland sont un vrai défi pour le collectionneur, au moins dix réimpressions eurent lieu à Berlin, Leipzig et Hambourg jusqu'à la fin du dix-neuvième siècle. C'est l'avantage de les collectionner sur lettre, le risque de confusion avec ces réimpressions est fortement atténué.

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14 décembre 2008 7 14 /12 /décembre /2008 16:37

En parcourant les divers sites de ventes aux enchères, on tombe parfois sur des pièces inconnues qui nous invitent à chercher le pourquoi de leur existence. Voici l'une d'entre elles :

Mis en vente par Cherrystone Philatelic Auctioneers, vente aux enchères du 08.01.2009, lot n° 950.

Prix de départ : 8500$
Prix de vente : Invendu

 

Mis en vente par Cherrystone Philatelic Auctioneers, vente aux enchères du 09.11.2010, lot n° 936.

Prix de départ : 8500$

Prix de vente : Invendu


Ce pli est adressé à Edwin Cleary, Londres et est affranchi de quatre timbres de la série « Caribou » surchargés « 1st Atlantic Air Post, Martinsyde, Raynham, Morgan ». Cette surcharge n'est pas répertoriée dans les catalogues que j'utilise et c'est la première fois que je la vois.

La surcharge ressemble à celle utilisée sur un 3¢ caribou pour un autre premier vol transatlantique. Qu'en est-il donc de celle-ci ?

Tout d'abord, Martinsude, Raynham et Morgan ont bien tenté par deux fois une traversée de l'Atlantique en avion en 1919. La première le 18 avril 1919, six jours après la tentative malheureuse dHawker et Grieve. Le vol sera bref, l'avion ne réussissant pas à décoller. La deuxième tentative aura lieu en juillet mais un crash au décollage rendra l'avion inutilisable.

Ce vol devait-il transporter du courrier ? Oui, et le postier-maître J. A. Robinson avait écrit à l'encre manuscrite « Aerial Atlantic Mail JAR » sur quelques dizaines d'exemplaires du 3¢ caribou. Les lettres partiront donc par bateau dans les bagages des pilotes.. qui les oublieront six mois avant de les remettre à la poste Londonienne.

Revenons à notre lettre. Edwin Cleary était un reporter du Daily Express, envoyé spécial à Terre-Neuve pour couvrir les tentatives de traversée de l'Atlantique. La surcharge a probablement été réalisée par M. Cleary lui-même, le postier-maître ayant nié le caractère officiel de ces surcharges. D'ailleurs, ce que le vendeur ne précise pas explicitement, c'est qu'on ne trouve pas au dos de l'enveloppe de cachet d'arrivée. Il est donc hautement probable que cette lettre (et les quelques autres connues) n'ait tout simplement pas voyagé par le système postal.

Il s'agit donc à priori d'une fabrication privée, d'une curiosité.

 

Mise à jour du 28.10.2010

Cette curiosité a bien du mal à trouver preneur, puisqu'elle est toujours en vente aujourd'hui, au même prix.

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9 décembre 2008 2 09 /12 /décembre /2008 21:00
De 1867 à 1870, les autorités postales américaines mirent en place un système expérimental destiné à enrayer la réutilisation frauduleuse de timbres-postes. Déjà à cette époque, de petits malins « lavaient » l'oblitération, ce qui permettait de réutiliser le timbre.

L'idée est simple mais il fallait y penser. Il s'agit de presser fermement sur le timbre une grille métallique où chaque élément est composé de petites pointes, ce qui a pour effet de briser les fibres du papier. Ainsi, l'encre de l'oblitération imbibe les multiples petites fractures et il devient très difficile de l'enlever. Pour avoir une idée de l'effet, imaginez la pression d'une râpe à épice sur une feuille de papier.

On classe les différents types de grilles par leur taille et le sens du relief créé par la grille. Il semble en effet que l'American Bank Note eut quelques difficultés avec le procédé et modifia donc les paramètres plus d'une fois. À chaque type est associée une lettre, A, B, C, D, E, F, G, H, I, J ou Z, selon une convention bientôt centenaire.

La grille de type Z mesure environ 11 x 14 mm et est composée de petites formes pyramidales dont le faîte (la pyramide ne se termine pas pas une pointe mais par une ligne de faîte, un peu comme sur une toiture) est horizontal par rapport à la base du timbre.

Six exemplaires du timbre suivants sont connus avec une grille de type Z :

10¢ vert, Z grill
Mis en vente par Robert A. Siegel Auction Galleries, vente aux enchères n° 967 du 16.12.2008, lot n° 4190.

Cote : 225 000$
Prix de vente : 550 000$

ex Ishikawa

Quel sera le prix atteint par cette rareté ? Difficile à dire mais il risque d'être très élevé. Voici par exemple le résultat d'une vente d'octobre où un 3¢ avec grille de type B, connu à quatre exemplaires (les quatre provenant d'un seul et même affranchissement découvert en 1969 !) :


3¢ B grill

Mis en vente par Robert A. Siegel Auction Galleries, vente aux enchères n° 963 du 28.10.2008, lot n° 557.

Cote : 240 000$
Prix de vente : 900 000$

Mis en vente par Robert A. Siegel Auction Galleries, vente aux enchères n° 468 du 25.03.1975, lot n° 82.

Cote : 27 000$
Prix de vente : 23 000$

Un peu plus et le record pour un timbre américain était battu. Le record (en vente publique) est de 935 000$ en 1998, pour un 1¢ « Z grill » donc deux exemplaires connus dont un seul disponible pour les collectionneurs.

Il y a un autre timbre dans la série des grilles qui risque d'atteindre un prix faramineux. Non pas qu'il soit particulièrement rare mais l'exemplaire offert, grille F, s'est mérité un Gem 100 de Professional Stamp Experts et le catalogue de vente en fait un éloge dithyrambique :

 F grill, Gem 100

Mis en vente par Robert A. Siegel Auction Galleries, vente aux enchères n° 967 du 16.12.2008, lot n° 4210.

Cote : 375$
Cote : 10 600$
Prix de vente : 50 000$

La deuxième cote est l'estimation par P.S.E. de la valeur d'un Superb 98. Atteindrons-nous 50x la cote ? Ça dépend si les collectionneurs-investisseurs ne se fient qu'à la note ou à leur jugement, qui leur susurrera à l'oreille que le timbre est sans conteste magnifique mais qu'il y a quand même une dent un chouia trop courte en bas...

Mise à jour du 26 janvier 2009

Voici un autre superbe exemplaire du 15¢ Lincoln, grille F :

F grill, Superb 98

Mis en vente par Robert A. Siegel Auction Galleries, vente aux enchères n° 968 du 27.01.2009, lot n° 124.

Cote : 4500$
Prix de vente : 55 000$

Cet exemplaire, noté Superb 98, a la particularité d'être neuf, avec légère trace de charnière. Au jour d'aujourd'hui, seuls trois exemplaires neufs ont obtenu une évaluation supérieure à Fine 70 et celui qui nous intéresse est de loin le plus beau. Le prix de vente devrait donc être exceptionnellement élevé.

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3 décembre 2008 3 03 /12 /décembre /2008 18:30
En Juin 1897, la reine Victoria, qui est depuis un peu moins d'un an la détentrice du record de longévité à la tête de la monarchie britannique, se prépare à fêter ses 60 ans de règne.

Le Canada décide pour l'occasion d'émettre une série de seize timbres commémoratifs, du ½¢ au 5$, une somme colossale pour l'époque. En effet, un ouvrier devait consacrer plus d'une semaine de son salaire pour l'acquérir ! Pour la même somme, on pouvait également se procurer 50 kg de surlonge de boeuf.... C'est un peu comme si La Poste émettait aujourd'hui une série de Marianne dont les faciales allait jusqu'à 100€ et qu'il fallait débourser 250€ pour acheter toute la série. On trouve de la surlonge de boeuf à 5€ / kilo aujourd'hui ?

Les seize timbres présentent le même motif, deux portraits de Victoria dont la célèbre et si belle effigie Chalon, qui d'ailleurs orne également le timbre le plus rare du Canada. Une autre particularité de cette série est que plusieurs mois avant le début de la vente, le nombre d'exemplaires de chacun des timbre est fermement arrêté et rendu public.

½¢ noir
150 000
1¢ jaune 8 000 000
2¢ vert 2 500 000
3¢ rose 20 000 000
5¢ bleu 750 000
6¢ brun 75 000
8¢ violet 200 000
10¢ brun 150 000
15¢ bleu 100 000
20¢ orange 100 000
50¢ bleu 100 000
1$ rouge 25 000
2$ mauve 25 000
3$ brun 25 000
4$ mauve 25 000
5$ vert 25 000

Muni de ces informations, les spéculateurs et les philatélistes se ruèrent dans les bureaux de poste le 19 juin 1897 afin d'acquérir le ½¢ et le 6¢ dont les tirages étaient faibles par rapport à la valeur faciale. Après tout, avec 750$ il était théoriquement possible d'acheter la totalité du stock de ½¢ !

Ainsi, six jours plus tard, le superintendant des postes interdit la vente de ces deux valeurs sauf achat d'un ensemble complet ce qui, vu le prix, stoppe net l'euphorie. Le superintendant réitère cependant que de nouveaux tirages ne seront pas réalisés si certaines valeurs venaient à être épuisées.

Les collectionneurs râlent contre cette série qui semblent être destinée à alléger leur portefeuille, les passions se déchaînent et finalement, les plus hautes valeurs ne seront pas épuisées avant plusieurs années. Le 4$ ne se serait écoulé qu'à moins de 10 000 exemplaires.

Ces timbres sont aujourd'hui appréciés pour leur beauté, les polémiques de l'époque étant définitivement oubliées tout en étant toujours d'actualité (ce qui prouve bien que même si les collectionneurs râlent, ils achètent puisque ça fait 100 ans que ça dure !). Le prix des plus hautes valeurs à l'état neuf demeure relativement faible par rapport au tirage, justement parce que ces timbres ont surtout été achetés par des collectionneurs.

Voici un superbe exemplaire du 5$, neuf sans charnière :

Mis en vente sur ebay par Anthony's jusqu'au 8 décembre 2008, lot n° 200281444292.

Prix de départ : 1395$
Cote : 4000$

Prix de vente : Invendu

Il y a malheureusement un problème. Le prix. Il est nettement trop bas. Si le timbre est réellement dans la condition décrite, il vaut au moins la valeur de sa cote et même plus pour cette valeur très difficile à trouver sans charnière.

J'ai demandé au vendeur s'il était possible d'avoir un certificat d'authenticité. Sa réponse fut rapide et courtoise mais ferme : pour un certificat d'authenticité, à moi de me débrouiller.

De deux choses l'une : soit le vendeur tente une escroquerie, soit il est ignorant de la valeur des timbres qu'il vend. Dans ce deuxième cas, c'est une occasion inespérée de faire rapidement quelques milliers de dollars... mais je n'y crois pas trop. Un vendeur à éviter donc, malgré ses 55 000 commentaires positifs.

Voici un exemple récent de la vente d'un superbe exemplaire, avec gomme originale mais très légère trace de charnière (ce qui divise quand même la valeur par trois par rapport à une gomme intacte) :

Canada, 5$ Jubilé

Mis en vente par Robert A. Siegel Auction Galleries, vente aux enchères n° 960 du 26.06.2008, lot n° 1100.

Cote : 1250$
Prix de vente : 2600$

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29 novembre 2008 6 29 /11 /novembre /2008 15:51

Les timbres américains de 1851-1861 à l'effigie de Benjamin Franklin, George Washington et Thomas Jefferson sont imprimés par Toppan, Carpenter & Co.

 

À la fin du moi de février 1857, les premiers timbres dentelés sont livrés à New York, Philadephie, La Nouvelle-Orléans, et quelques autres villes afin de débuter une période d'essai d'un peu plus de trois mois ces timbres nouvellement dentelés. Il faut croire que l'essai fut concluant puisque dès le 8 avril, le gouvernement renouvelle le contrat signé avec l'imprimeur en 1851. Les termes du nouveau contrat, qui entre en vigueur le 10 juin 1857, stipulent que dorénavant tous les timbres devront être dentelés.

 

Le premier timbre dentelé est donc le 3¢ rouge bordeaux, timbre qui était au coeur de la collection spécialisée de W. Wilson Hulme II et qui a recensé 75 timbres sur lettre de la période antérieure à la signature du contrat entérinant définitivement l'utilisation de timbres dentelés.

 

Voici deux des trois lettres connues datées du 28 février 1857, la plus ancienne date recensée d'utilisation d'un timbre dentelé officiellement aux États-Unis :

 

Mis en vente par Robert A. Siegel Auction Galleries, vente aux enchères n° 964 du 02.12.2008, lot n° 222.

 

Valeur estimée : 4000 à 5000$

Prix de vente : 5750$

 

Mis en vente par Robert A. Siegel Auction Galleries, vente aux enchères n° 489 du 31.03.1976, lot n° 63.

 

Valeur estimée : 2000 à 5000$

Prix de vente : 1650$


Le premier timbre dentelé des États-Unis

Mis en vente par Robert A. Siegel Auction Galleries, vente aux enchères n° 964 du 02.12.2008, lot n° 223.

 

Valeur estimée : 4000 à 5000$

Prix de vente : 5000$

 

Lors de la vente en 1976 de la première lettre illustrée ci-haut, c'était alors la seule ayant été authentifiée datant du 28 février 1857.

 

On remarquera justement que le cachet à date  ne comporte pas l'année ! Je n'ai pas de référence sous la main mais je suppose qu'un cachet différent est utilisé dans les années subséquentes ou que les timbres sont d'une teinte suffisamment différente pour qu'il n'y ait pas de confusion possible.

 

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Published by Svart Riddare - dans États-Unis
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