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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 21:39

Le monsieur avec la barbiche sur les premiers timbres français, c'est Napoléon III, et c'est en 1852 (et en 1853 la mention Répub[lique] franç[aise] est remplacé par Empire Franc) pas en 1849. En 1849, les tous premiers timbres portent l'effigie d'un jeune homme d'une déesse grecque portant une couronne d'épis dans les cheveux, ainsi qu'un grappe de raisins.

 

Il arrive cependant que la barbiche de l'empereur soit parfois présente au menton de la déesse :

 

 http://lh4.ggpht.com/_m5TAVVZAIO0/TNcHoCGcjqI/AAAAAAAAB_4/dEBFAkmhvFo/s800/07-11-2010-1.jpg
Mis en vente par David Feldman SA, vente aux enchères publique du 19.11.2010, lot n° 20014.

Valeur estimée : 80 000€
Prix de vente : 75 000€

 

Il semblerait que cette variété plutôt spectaculaire soit une dégradation progressive de l'un des clichés de la planche. Lequel ? Le cliché du tête-bêche ! En effet, en position 34 ou 35, je n'arrive plus à retrouver, on a le tête-bêche et sur une des rares paires connues, on a sur l'un des timbres cette variété « à la barbichette ».

 

Le vendeur précise que le timbre est neuf avec légère charnière, qu'il s'agit de la teinte vermillon foncé qu'il y a des marges blanches tout autour (c'est quand même très serré en bas !) et que la variété est beaucoup plus marqué que sur l'autre exemplaire connu. Voyons cet autre exemplaire :

 

 http://lh6.ggpht.com/_m5TAVVZAIO0/TNcHoTbZ8gI/AAAAAAAAB_8/Ed15CuK3iNk/s800/07-11-2010-2.jpg
Mis en vente par Spink, vente aux enchères publique du 17.11.2003, lot n° 77.

Valeur estimée : 35 000€ à 50 000€
Prix de vente : Inconnu

Collection Lafayette

 

Ce timbre est superbe d'apparence mais possède un très léger aminci et quelques petites taches de rouille dans la marge. On peut constater que la barbichette est différente du premier exemplaire illustré dans ce billet. Il s'agit d'un vermillon terne, la seule nuance sur laquelle cette erreur avait été constatée d'après le vendeur. Eh bien, ce n'est plus le cas !

 

 

 

Mises à jour : Une lettre postée de Paris le 4 janvier 1849 et une lettre postée de Guadeloupe affranchies de timbres français.

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28 octobre 2010 4 28 /10 /octobre /2010 13:53

Mais qu'est-ce que cette république ? C'est l'une des 15 républiques soviétiques qui formera l'URSS. C'est même la principale puisqu'elle correspond en gros à la Russie d'aujourd'hui. Transportons-nous dans le Berlin tourmenté de la République de Weimar, c'est-à-dire l'Allemagne après la première guerre mondiale et avant l'avènement d'Hitler.

 

Nous sommes à l'été 1922 et le ministre des affaires étrangères Walther Rathenau vient d'être assassiné, pour la plus grand colère des Berlinois. Ce ministre était l'un des négociateurs du traité de Rappalo, signé cette même année entre l'Allemagne et l'URSS, traité qui scellait la collaboration diplomatique, commerciale et militaire entre les deux grandes puissances. L'Allemagne enverra donc ses soldats s'entraîner en Russie, histoire de contourner les traités de paix signés avec les nations victorieuses, dont la fait partie la France.

 

Quel rapport avec la philatélie ? Dans l'immédiat aucun mais ça fait une belle introduction ! La RSFSR possède une ambassade à Berlin et, pour une raison que j'ignore, cette dernière décide de surcharger des timbres fiscaux (dans le cas qui nous intéresse des timbres servant à régler les frais consulaires) afin de les utiliser sur le courrier à destination de Moscou. Le consulat crée donc une surcharge de 12 et 24 marks qu'elle appose sur des timbres fiscaux de 2,25 et 3 roubles. Dans son élan, elle crée également des surcharges de 120, 600 et 1200 marks, cette dernière qu'elle appose sur quatre timbres différents. A quoi ça sert tout ça ? Aucune idée, seules les deux plus petites valeurs ayant semble-t-il été utilisées. Voici l'une des raretés de ce tirage :

 

http://lh4.ggpht.com/_m5TAVVZAIO0/TMljxr7IZzI/AAAAAAAAB_g/9z6LuhJ4Bps/s800/28-10-2010-1.jpg
http://lh3.ggpht.com/_m5TAVVZAIO0/TMljx7A6BgI/AAAAAAAAB_k/h0feTeVt8qw/s800/28-10-2010-2.jpg

Mis en vente par Cherrystone Philatelic Auctionneers, vente aux enchères publique du 09.11.2010, lot n° 1586.

 

Prix indicatif : 300 000$

Valeur estimée : 300 000 à 400 000$

Prix de vente : Invendu

 

Il s'agit de la surcharge de 1200 marks sur un timbre de 50 kopecks. Seules deux feuilles de 50 timbres ont été ainsi surchargées. Le prix est néanmoins élevé pour un timbre connu à 100 exemplaires, surtout pour une surcharge sur un timbre fiscal. 

 

Le piège, c'est qu'en distingue cinq types (quasi-identiques) de surcharge en fonction de la forme des lettres. La distinction ne doit pas être si évidente que ça, mon catalogue Scott mentionnant trois types de surcharge... Bref, ce type V n'apparaît qu'à une position dans la feuille, la position 13, et donc qu'il n'y a que deux exemplaires de ce timbre, d'où sa valeur estimée au moins cinq fois supérieure aux prix atteints par d'autres exemplaires de ce timbre vendus dans dans les dernières années.

 

Une question philosophique pour toi collectionneur : le planchage de ce timbre semble être déterminé. Ainsi, puisque chacune des positions n'est représentée que par deux exemplaires, pourquoi payer plus cher pour celle-ci simplement parce que la forme d'une des lettres (le C) est très légèrement différente ?

 

Un dernier petit mot. Le vendeur nous offre un scan du verso du timbre, où l'on peut voir que toute une panoplie d'experts se sont empressés de laisser leur marque au dos du timbre, dont Romeko à Paris et Mikulski en Suisse, qui a également signé un certificat d'authenticité en 1985.

 

 

Mise à jour : La tentative de vol transatlantique de Martinsyde, Raynham et Morgan, une enveloppe qui ne se vend pas.

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24 octobre 2010 7 24 /10 /octobre /2010 16:57

Certains de mes lecteurs connaissent peut-être les « postmaster's provisionals » des États-Unis. Il s'agit de timbres non officiels émis par les responsables de certains bureaux de poste pour pallier à une bizarrerie administrative. En effet, l'administration postale met en place le principe du timbre-poste... sans fournir de timbres-poste aux bureaux de postes. Ces derniers se débrouillent comme ils peuvent et créent ce qui ressemble fort à des timbres.

 

Ce que je viens de découvrir en feuilletant le catalogue de la vente de novembre de David Feldman, c'est qu'il existe un tel « timbre » au Canada :

 

http://lh3.ggpht.com/_m5TAVVZAIO0/TMRNH3RL3lI/AAAAAAAAB_M/QogX371NXyw/s800/24-10-2010-1.jpg

Mis en vente par David Feldman SA, vente aux enchères publique du 17.10.2010, lot n° 60018.

 

Valeur estimée : 250 000 à 350 000€
Prix de vente : 280 000€

 

ex Ferrary, Burrus, collection « Consort »

 

Il s'agit d'une enveloppe datée du 7 avril 1851, postée de New Carlisle, une ville de Gaspésie au Québec, adressée à un certain Hugh Miller à Toronto. En haut à droite, le « timbre » de trois pence, le tarif simple en vigueur depuis le 6 avril 1851. Au dos un cachet d'arrivée daté du 16 avril. Sur le côté, en surimpression, la mention manuscrite Letter, R. W. Kelly, April 1851, vraisemblablement apposée par le destinataire, peut-être à des fins de classement.

 

Le 6 avril 1851, l'administration postale est transférée à l'administration britannique (rappelons que le Canada était une colonie...), un tarif unique de 3 pence payé par l'expéditeur entre en vigueur mais les premiers timbres ne seront disponibles qu'à la fin du mois. On suppose donc que le responsable de la poste de la petite ville de New Carlisle a créé ce timbre provisoire destiné à être utilisé durant le mois d'avril 1851.

 

En 1904, cette lettre est découverte par la communauté philatélique, par un certain E. B. Greenshields de Montréal, qui sollicite divers avis, dont celui de Donald King, postier et marchand de timbres à Halifax. C'est en contactant les autorités postales qu'il apprend que R. W. Kelly était le postier-maître à New Carlisle, au moins de 1851 (début des registres) à 1855. Il est donc vraisemblable qu'il ait été l'expéditeur de cette lettre. De plus, le village de New Carlisle a été fondé par des loyalistes, ces sujets britanniques qui ont fui les États-Unis à la suite de la guerre d'indépendance. Notre postier avait donc peut-être vu des correspondances ornées des timbres provisoires américains. Jusque là tout se tient.

 

Notre lettre unique rejoint la célèbre collection du comte de Ferrary puis celle de Maurice Burrus, qui la conservera pendant quatre décennies. En 1985 et 1986, la lettre est soumise à expertise et les deux certificats obtenus mentionnent que « la lettre semble authentique mais que son émission n'a pas été autorisée par l'administration postale » et que la lettre « est authentique, autant qu'on puisse en juger vu son unicité ». Ces informations sont tirées du catalogue du vendeur qui souligne les mots « authentique » et « unicité ». Le vendeur poursuit en précisant que récemment Sergio Sismondo a émis un autre certificat beaucoup plus détaillé et qui précise entre autre que l'écriture manuscrite a bien été apposée après le timbre et qu'il n'y a eu sur cette lettre aucune autre marque postale qui aurait été effacée. Le vendeur conclut donc qu'il s'agit d'une authentique émission provisoire, que l'exemplaire offert à la vente est unique et que bien sûr il est indispensable pour tout collectionneur qui voudrait avoir la meilleure collection consacrée au Canada...

 

Cependant, s'en suit un autre paragraphe dans le catalogue de vente qui justifie qu'il s'agit vraiment d'une émission provisoire. Pourquoi tant d'insistance ? Une petite recherche s'impose...

 

Finalement, la vérité est un peu plus nuancée. Les spécialistes ne semblent pas tous d'accord sur la question. En 2003, alors que le catalogue Scott pense ajouter cet item à ses cotes, des voix discordantes s'élèvent, il ne s'agirait peut-être que d'une inscription personnalisée et non d'une véritable émission provisoire. Quelle différence ? Je dirais aucune mais dans un cas, la valorisation est cent fois inférieure ! D'ailleurs, je n'ai pas trouvé trace de cote dans le catalogue Scott 2009, même si le vendeur affirme que c'est la première entrée de la section Canada. Là où ça fait mal, c'est que le très sérieux Fake, Forgeries & Experts a publié le résultat de la recherche effectuée par la non moins sérieuse Vincent Graves Greene Philatelic Research Foundation et que leur conclusion est qu'il ne s'agit pas d'une émission provisoire... C'est bizarre, le vendeur ne mentionne pas cette étude !

 

Au détour d'une page web, on apprend également que Sergio Sismondo aurait affirmé qu'il était « curateur » de cette pièce philatélique et qu'il avait pour objectif de l'exposer le plus possible pour la faire connaître. Rien à dire sur cette technique marketing de bonne guerre, cependant Sergio Sismondo est également l'émetteur du certificat sur lequel le vendeur base son argumentation.

 

Quoi qu'il en soit, il s'agit d'une pièce particulièrement intéressante de la philatélie canadienne mais à mon humble avis, des hommes d'affaires avisés tente de la commercialiser pour en obtenir un prix qu'il est difficile de justifier.

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16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 21:23

Il n'y a pas que les Américains, les Britanniques ou les Suisses qui peuvent se vanter d'avoir des timbres rares dont les prix défient l'imagination :

 

http://lh6.ggpht.com/_m5TAVVZAIO0/TLn7ah4alQI/AAAAAAAAB-g/jXRhgK1gNVw/s800/16-10-2010-1.jpg

Mis en vente par Boule philatélie, vente aux enchères du 16.10.2010, lot n° 36.

 

Valeur estimée : 300 000 à 350 000€

Prix de vente : Inconnu

 

Mis en vente par Spink le 17.11.2003, lot n° 90

Valeur estimée : 200 000 à 275 000€

Prix de vente : 240 000€

 

ex Champion, collection « Lafayette »


Inutile de préciser qu'il s'agit d'un tête-bête du 80 centimes carmin à l'effigie de Napoléon III, vous l'aurez reconnu. La description de cette pièce est spartiate : « France, 1853-1860, 80c carmin en paire tête-bêche neuve avec gomme. Unique paire tête-bêche connue, grande rareté de la collection de France classique. » 

 

Pourquoi si peu de détails ? Ce n'est quand même pas tous les jours qu'une pièce unique est offerte à la vente ! Unique ? En fait pas vraiment, il y a également des paires tête-bêche oblitérées. Il y a en même plusieurs sur lettres... Il s'agit cependant de la seule telle paire à l'état neuf. Elle a été découverte par le marchand Théodore Champion (le premier à ouvrir boutique sur la rue Drouot à Paris) dans les années 1930.

 

Je termine en observant que lors de la vente de 2003, le timbre était décrit comme neuf avec gomme partielle (et non complète et intègre comme on pourrait naïvement le supposer) et que le scan très précis semble indiquer qu'il y ait un léger froissement du papier du timbre supérieur mais il peut s'agir d'un artifice; le vendeur ne mentionnant rien à ce sujet.

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10 juin 2010 4 10 /06 /juin /2010 21:05

C'est en « feuilletant » virtuellement un catalogue de vente aux enchères que je suis tombé sur le timbre suivant, dont le prix m'apparut exorbitant :

 

http://lh6.ggpht.com/_m5TAVVZAIO0/TBE13LDoZUI/AAAAAAAAB94/E4A1rZ5vq0k/s400/10-06-2010-1.jpg

Mis en vente par Cherrystone Philatelic Auctioneers, vente aux enchères du 09.06.2010, lot n° 892.

 

Cote : 150 000€

Prix indicatif : 100 000$

Prix de vente : 110 000$

 

ex Mikulski, Denisenko

 

Il s'agit d'un timbre de 7 roubles, émis en 1889 par la Russie, dans sa version dentelée 13½. Alors, pourquoi un tel prix ? La couleur noire serait imprimée deux fois, une erreur qui ne serait connue qu'à deux exemplaires.

 

Néanmoins, ce genre d'erreur n'atteint en général pas de tels prix. J'ouvre mon catalogue Scott, datant de 2002, qui liste bien ce timbre et lui donne une valeur de... 275$ ! A ce moment, je me dis qu'il doit y avoir quelque chose qui m'échappe. En consultant la version 2009 de ce même catalogue, surprise, cette variété cote maintenant 28 000$. Voilà ma foi une belle plus-value. Je n'ai pas d'explication pour une telle augmentation, ni même pour le fait que le catalogue Liapine choisi par le vendeur lui donne une cote 6x plus élevée.

 

Le timbre est accompagné d'un certificat d'authenticité daté de 2003, émis par Mikulski, expert de la philatélie russe qui habite en Suisse. D'après le vendeur, ce timbre a d'ailleurs précédemment appartenu à ce même Mikulski. Peut-être a-t-il découvert les deux exemplaires de cette « variété » avant de faire du lobbying pour qu'elle soit reconnue par les catalogues philatéliques, afin de centupler sa valeur ? Peut-être aussi que les oligarques russes ont vraiment trop d'argent ?

 

Personnellement, si j'avais un tel montant à ma disposition, je ne le consacrerais certainement pas à ce timbre.

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6 juin 2010 7 06 /06 /juin /2010 18:47

Attleboro est une petite ville du Massachusetts, aujourd'hui une banlieue de la ville de Providence. En 1909, un marchand philatélique, F. Percy Collingwood, propriétaire de l'Attleboro Stamp Company, lance une gazette philatélique éphémère nommée avec beaucoup d'originalité The Attleboro Philatelist. Ces informations seraient probablement aujourd'hui reléguées aux oubliettes de l'histoire si ce philatéliste n'avait pas créé sa propre « dentelure » afin d'affranchir ses courriers promotionnels à ses clients :

 

http://lh5.ggpht.com/_m5TAVVZAIO0/TAvQVgwPXvI/AAAAAAAAB9Y/clthPHKkbIU/s400/06-06-2010-1.jpg

Mis en vente par Robert A. Siegel Auction Galleries Inc., vente aux enchères n° 990 du 22.06.2010, lot n° 780.

 

Prix indicatif : 3650$

Prix de vente : 800$

 

Ces timbres sont restés des curiosités connues des seuls spécialistes jusqu'à leur entrée au catalogue Scott en 1991. On retrouve cette dentelure (très fragile comme vous pouvez vous l'imaginer) sur le 1c Benjamin Franklin vert de 1908-1909 et sur le timbre illustré ci-haut. On connaît également une seule et unique paire du 2c Benjamin Franklin carmin.

 

Les seuls exemplaires oblitérés connus aujourd'hui portent tous l'oblitération ovale de la ville d'Attleboro et tous les exemplaires sur lettres proviennent des bureaux de l'Attelboro Stamp Company, comme celui-ci, sur la bande d'adresse (« wrapper » en anglais) du premier exemplaire de l'Attleboro Philatelist :

 

http://lh4.ggpht.com/_m5TAVVZAIO0/TAvQV3QtUcI/AAAAAAAAB9c/kyuSRm6pXHw/s400/06-06-2010-2.jpg

Mis en vente par Robert A. Siegel Auction Galleries Inc., vente aux enchères n° 990 du 22.06.2010, lot n° 778.

 

Prix indicatif : 5550$

Prix de vente : 3500$

 

 

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30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 16:49

Sainte-Lucie est une petite île des Caraïbes longtemps disputée entre les Français et les Anglais. Ces derniers ont pris définitivement le contrôle de l'île au début du dix-neuvième siècle. Peuplée en majorité de descendants d'esclaves, on y parle surtout le créole et l'île est aujourd'hui connue comme paradis fiscal...

 

Au niveau philatélique, les premiers timbres sont typiques d'une colonie anglaise et les plus récents se fondent dans l'immense masse de timbres émis par les micro-états des Antilles. Voici cependant une feuille complète du premier timbre « à percevoir », émis en 1931 :

 

http://lh5.ggpht.com/_m5TAVVZAIO0/TAJ6YT3VnrI/AAAAAAAAB9E/73EFJwh9Gts/s400/29-05-2010-1.jpg

Mis en vente par R. Maresch & Son, vente aux enchères n° 457 du 16.06.2010, lot n° 1792.

Cote : 6733£

Prix de vente : 4000$

 

Cette feuille complète de 60 exemplaires nous permet de constater que chacun des timbres porte un numéro de série manifestement imprimé à la main. On ne peut que prendre en pitié le pauvre clerc qui a du les imprimer un par un... Cette tâche ennuyante et rébarbative donne évidemment lieu à tout un tas d'erreurs. 

 

Par exemple, dans la cinquième colonne, on peut voir en pâle, sous les nombres 7154 et 7155 les valeurs 7153 et 7154. On imagine que le clerc a simplement oublié d'incrémenter le chiffre des unités et qu'après avoir imprimé le 7154 il s'est rendu compte qu'il y avait deux fois le 7153. Il a alors rectifié en effaçant tant bien que mal son erreur. Idem pour 7170 par dessus 7169 en plus pâle. Le 7165 est également intéressant. Imprimé trop haut, ce nombre a été imprimé une deuxième fois mais avec un tampon différent. On imagine cette fois que l'imprécision a été vue plus tard et qu'une autre personne a rectifié le tir en réimprimant le n° de contrôle avec le tampon qu'il avait sous la main, qui était différent de l'original.

 

Je ne sais pas si le tirage total de ce « timbre » a été inférieur à 10 000 unités (je l'espère pour celui qui devait imprimer les numéros de série !) mais il ne vaut aujourd'hui qu'une poignée de dollars, à l'état neuf. Rarement offert oblitéré, il est probable qu'une très faible partie du stock a été utilisé à l'époque et que les surplus ont été écoulés auprès des philatélistes.

 

Néanmoins, cette feuille (et celle du 2d offerte dans la même vente) est une belle addition pour toute collection spécialisée dans les « Postage Due ».

 

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20 mai 2010 4 20 /05 /mai /2010 18:00

Si plus d'un timbre se disputent le titre du timbre le plus rare (ce sont tous les timbres ou plus précisément toutes les variétés de timbre connus à un seul exemplaire), la palme du plus cher revient sans conteste à ce timbre de Suède :

 

http://lh3.ggpht.com/_m5TAVVZAIO0/S_L3qbezimI/AAAAAAAAB8c/vsgJ-jY34Xs/s400/18-05-2010-1.jpg

Mis en vente par David Feldman SA, vente aux enchères privée du 22.05.2010, seul et unique lot.

Valeur estimée : 1 500 000 à 2 000 000€

Prix de vente : Inconnu

ex Ferrary, Carol II de Roumanie, Berlingen

 

Récemment exposé à Londres dans le cadre de l'exposition internationale décennale de Londres qui s'est terminée le 15 juin, ce timbre sera offert dans une vente aux enchères privée à Genève, le 22 mai 2010. Seuls les acheteurs potentiels seront admis et devront s'engager à

  1. Ne pas divulguer le nom des personnes présentes;
  2. Ne pas divulguer le nom de l'acheteur;
  3. Ne pas divulguer le prix de vente.

 

L'acheteur du timbre, qui sera vendu sans prix de réserve, pourra faire connaître les détails de la transaction s'il le souhaite. Tout ce qu'on sait, c'est que cet acheteur devra acquitter des frais de transaction de 19,5%, ainsi que la taxe de vente de 7,6% s'il est Suisse.

 

La valeur estimée est raisonnable au regard du prix atteint par ce timbre en 1996, 2 875 000 francs suisses (sans qu'il soit précisé si ce montant inclus ou non les frais de vente). D'ailleurs c'est la quatrième fois que David Feldman SA met ce timbre aux enchères (977 500 F en 1984, près du double en 1990 et le triple en 1996).

 

À Londres, le timbre était exposé... sous un escalier ! Bien seul dans un écrin, loin de la foule, un garde de sécurité assis à moins d'un mètre, et surtout quatre panneaux d'explications que je me suis empressé de lire et qu'on retrouve dans le catalogue de vente, disponible en téléchargement sur le site du vendeur. C'est d'ailleurs de ce catalogue que je tire la majorité des informations de ce billet.

 

Mais au fait, pourquoi ce timbre est-il rare ? Il s'agit d'une erreur de couleur; le timbre de 3 skilling banco est normalement vert alors que la couleur jaune orange était réservée au timbre de 8 skilling banco. C'est le seul exemplaire qui ait été découvert.

 

Pourquoi ce timbre est-il si cher ? Son authenticité ne fait aujourd'hui aucun doute et surtout ce timbre est une véritable star à l'histoire mouvementée, ce qui n'est pas le cas de tous les timbres uniques.

 

Commençons donc pas le commencement. La Suède émet ses premiers timbres en 1855, une série de cinq timbres représentant les armoiries royales. Chacun de ces timbres fera l'objet de plusieurs tirages qui sont aujourd'hui très bien documentés (j'ai d'ailleurs pu voir à Londres une magnifique collection spécialisée du 4 skilling banco et discuter avec le collectionneur qui me l'a présentée plus en détails). Le timbre qui nous intéresse a été oblitéré le 13 juillet 1857, à Nya Kopparberget, une petite ville du centre de la Suède fondée au XVIIème siècle près d'un riche gisement de cuivre. Sur le site de la ville, on apprends même que le 13 juillet est aujourd'hui le « jour du treskilling » au cours duquel il y a diverses animations dont un lever de drapeau à l'effigie du fameux timbre ci-haut !

 

En 1885, un adolescent du nom de Georg Wilhelm Backman décolle de la correspondance familiale conservée par sa grand-mère plusieurs timbres, dont l'exemplaire ci-haut, qui aurait été utilisé par Olof Leopold Sillén, un botaniste suédois, dans une lettre à destination de Per Wilhelm Sillén, grand-père de notre jeune adolescent. Le timbre en poche, l'adolescent le présente au marchand Heinrich Lichtenstein, qui promettait une somme allant jusqu'à 7 couronnes pour des exemplaires du 3 ou du 24 skilling banco, ces deux timbres étant été émis à moins de 200 000 exemplaires. Quelle ne fut pas la surprise du marchand de voir cet exemplaire jaune orange plutôt que vert ! Le jeune homme eu ses 7 couronnes... et le marchand 4000 gulden neuf ans plus tard, une somme colossale.

 

En 1917, le baron Philippe de la Renotière von Ferrary, l'acheteur du timbre en 1894, décède et lègue sa collection à l'état allemand. Cependant, les Allemands perdent la guerre et les Français, fort du traité de Versailles, liquident à leur profit l'extraordinaire collection du baron. Après avoir changé de main plusieurs fois, le timbre rejoint en 1937 la collection du roi Charles II de Roumanie. Durant la deuxième guerre mondiale, il est exilé et trouve refuge au Portugal, où sa collection de timbres lui permettra d'être à l'abri de la gêne.

 

Durant le deuxième moitié du vingtième siècle, le timbre est largement médiatisé. L'appellation Treskilling Yellow est aujourd'hui une marque déposée ! Toute cette agitation autour d'un timbre unique a bien évidemment soulevé des soupçons sur l'authenticité de la chose. Déclaré faux par un groupe d'expert en 1974-75, une étude poussée conclut à son authenticité en 1975. Les preuves irréfutables sont :

  1. Les archives postales, qui nous apprennent que Nya Kopparberget fait partie des villes qui ont reçu un tirage particulier du 8 skilling banco à l'été 1857.
  2. L'examen détaillé du timbre et des ses caractéristiques (couleur, impression, papier) qui correspondent exactement à celles du tirage susmentionné.
  3. Une diffractométrie à rayons X, qui prouve que l'encre est bien celle du timbre de 8 skilling.

 

Il s'agit donc bel et bien d'une erreur authentique; un cliché du 3 skilling a été introduit par erreur dans la planche du 8 skilling, quelques feuilles ont été imprimées puis distribuées aux bureaux de poste avant que l'erreur en soit rectifiée.

 

À 0,02675 grammes, ce bout de papier vaut aujourd'hui au moins 50 milliards d'euro le kilo ! Il peut être à vous samedi... pas mal pour impressionner les copains !

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Published by Svart Riddare - dans Scandinavie
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1 mai 2010 6 01 /05 /mai /2010 14:03

MonTimbraMoi, c'est la possibilité offerte par La Poste de créer des timbres personnalisés, à priori une excellente idée. Le philatéliste qui croyait encore pouvoir s'offrir un exemplaire de chaque timbre émis (223 timbres différents pour la France en 2009 ?) doit donc accepter l'évidence, ce n'est plus possible, ni même intéressant. On pourra toujours ergoter et soutenir qu'il ne faut collectionner qu'un seul exemplaire de chaque type de timbre personnalisé (le type étant plus ou moins défini par la couleur du cadre et les autres caractéristiques d'impression) mais quel collectionneur peut être vraiment convaincu que l'illustration d'un timbre n'a plus d'importance ?

 

Bref, laissons de côté les philatélistes et passons plutôt du côté de l'utilisateur de ce service, c'est à dire un citoyen lambda qui est très heureux de pouvoir créer son propre timbre. Pour créer un timbre avec une photo de son dernier-né pour envoyer à toute la famille, MonTimbraMoi, c'est parfait. Cependant, votre chroniqueur souhaitait faire un peu mieux et créer une véritable mise en page mettant en valeur le sujet qu'il avait choisi pour illustrer son timbre personnalisé. Et c'est là que les ennuis commencent...

 

N'arrivant pas à créer la mise en page que je souhaitais, j'ai consulté la FAQ du site et j'y ai appris que 

Votre image doit impérativement être au format JPG et d'un poids maximum de 4 Méga-octet. Votre photo doit avoir une résolution d’au moins 400 dpi afin de garantir une bonne qualité d’impression des timbres. En dessous, nous ne saurons garantir la netteté de l’impression. Les dimensions minimales de la photo doivent être de 368 x 528 pixels pour les timbres au format paysage, et de 528 x 368 pixels pour les timbres au format portrait. De plus nous ne pouvons traiter que des photos au format colorimétrique RVB, car les navigateurs internet ne savent pas gérer le format CMJN.

Attention : L'outil de recadrage rogne un bord tournant de 20 pixels. Si vous voulez que l'intégralité de votre sujet soit imprimé, vous devez ajouter un contour à votre image. Ses dimensions countour compris seront donc de 408 x 568 ou 568x408 pixels minimum.

 

Bon, suivons les instructions alors :

http://lh3.ggpht.com/_m5TAVVZAIO0/S9wYifvZNOI/AAAAAAAAB7o/LM6YwVyFYBw/s800/12-04-2010-1.png

 

Cette photo fait 408x568, avec un cadre de 20 pixels (et d'ailleurs c'est un PNG et non un JPG, ça marche malgré ce que dit la FAQ). Après avoir téléchargé cette image, je passe à l'étape « mise en page » et là j'obtiens

 

http://lh4.ggpht.com/_m5TAVVZAIO0/S9wYinSZjoI/AAAAAAAAB7s/jrx19yvVAH8/s800/12-04-2010-2.png

 

L'image n'est même pas centrée... Il y a bien des outils permettant de déplacer l'image ou de modifier sa taille mais toute modification fine est inutile car lorsque vous serez satisfait, vous cliquerez sur « Valider et prévisualiser ma composition » et malheureusement...

 

http://lh4.ggpht.com/_m5TAVVZAIO0/S9wYi1pkFNI/AAAAAAAAB7w/jepbMQbz84E/s800/12-04-2010-3.png

 

... l'image n'est pas centrée correctement encore une fois, mais de façon différente ! C'est vraiment ridicule, n'importe quel développeur devrait être capable d'afficher une image à la bonne position ! La question qui se pose à l'utilisateur est donc de savoir comment son timbre sera imprimé, centré selon l'outil de mise en page ou centré selon la page de prévisualisation ? Vous remarquerez en passant que cette prévisualisation n'affiche pas le timbre tel qu'il sera imprimé puisqu'en effet il manque les informations ajoutées telles que « Lettre prioritaire 20g ». En effet, ce n'est qu'en commandant le timbre qu'on peut visualiser à quoi il ressemblera vraiment.

Commandons alors. Ah tiens, sur la page suivante on peut « enregistrer notre composition en haute résolution sur notre ordinateur ». Hop, c'est fait :

 

http://lh3.ggpht.com/_m5TAVVZAIO0/S9wYjLoWJiI/AAAAAAAAB70/mO7XqffKsBs/s800/12-04-2010-4.jpg

 

Catastrophe, le centrage est encore différent !!! Cette photo « haute résolution » est de taille 368x528, quelle que soit la résolution de votre image d'origine. De là on peut supposer qu'il est impossible de créer un timbre personnalisé avec une résolution supérieure, ce qui est quand même dommage pour les amateurs de détails. Les compositions finales étant conservées durant une durée limitée, le fait de pouvoir les télécharger est un plus (d'ailleurs, quelqu'un peut dire à La Poste qu'un disque dur de 1 To coûte aujourd'hui moins de 100€ et qu'on peut y sauvegarder... 1,5 millions de telles images ?).

 

Finalement, l'outil informatique mis à disposition du public étant inutilisable pour créer des compositions précises, j'ai abandonné mon idée initiale mais j'ai quand même créé mon timbre, en simplifiant ma mise en page pour qu'aucun élément ne dépende de sa position par rapport au bord de l'image :

 

http://lh6.ggpht.com/_m5TAVVZAIO0/S9wYjEvlPPI/AAAAAAAAB74/W-jpejm_Zuk/s800/12-04-2010-5.jpg

Il s'agit du détail d'une oeuvre d'une artiste qui m'est chère, et dont j'ai ajouté le nom en petits caractères au sein même de l'oeuvre.

 

Lorsque j'ai reçu ma commande (30 timbres France et 10 timbres Monde), j'ai été agréablement surpris par le coup d'oeil général et le packaging. Cependant, la technique d'impression m'a surpris; on voit un tramage désagréable (et dont une couleur, le bleu, déborde dans le haut du timbre) qui masque une partie des détails et qui rend l'image globalement floue.

 

En résumé, une idée intéressante mais dont la réalisation comporte de nombreux défauts qui rendent cette idée inutilisable pour des créations de haute qualité.

 

S'il y a des philatélistes qui lisent encore, parmi les 30+10 timbres, 23+10 ont été utilisés pour affranchir 19+12 enveloppes identiques, toutes postées le même jour du même bureau de poste. D'ailleurs, j'ai eu le privilège de pouvoir oblitérer moi-même les exemplaires avec le cachet à date du bureau de poste ! Si l'artiste devient célèbre peut-être ces lettres seront-elles très recherchées dans quelques dizaines d'année...

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30 mars 2010 2 30 /03 /mars /2010 21:02

Les lecteurs de ce blog auront constaté que ce blog est plutôt inactif depuis près d'un an maintenant. Pour des raisons personnelles, j'ai mis la philatélie de côté mais pas d'inquiétude, ma passion demeure intacte ! Je reviendrai sur la toile un peu plus tard mais en attendant je ne peux résister à l'envie de vous faire partager cette admirable caricature de « Flock », qui ridiculise chaque semaine l'actualité informatique sur le site Clubic

http://lh6.ggpht.com/_m5TAVVZAIO0/S7JKHjINKMI/AAAAAAAAB6s/uqBlTZBPxTU/s800/30-03-2010-1.jpg

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