France et colonies

Vendredi 15 mai 2009
Lorsqu'on compare les catalogues de vente des maisons françaises avec à ceux des vendeurs anglo-saxons, des vendeurs des pays nordiques ou de la Suisse, on remarque immédiatement une différence de style. Là où les Américains aiment bien décrire et vanter (parfois outrageusement) les objets mis en vente, le Français se contente d'être le plus bref possible.

Dans l'esprit de chacun, peut-être la langue française doit-elle être réservée aux mots doux murmurés entre amants....

Voici un exemple de l'absence de prolixité qui me laisse perplexe :

Mis en vente par Numphil, vente aux enchères du 23.05.2009, lot n° 107.

Valeur estimée : 15 000 et 20 000€

On lit « 1853-1860, 20c bleu oblitéré étoile rouge, C. PLOMBIERES en rouge sur enveloppe pour Paris. 14 juillet 1859. Grande rareté de qualité exceptionnelle, la plus belle lettre connue, signé et certificat Calves, signé Scheller. Yvert 14A, Cérès 14 I ».

Cette description donne quelques informations importantes : le timbre utilisé, la description du cachet, la présence d'un certificat d'authenticité. Cependant, absolument rien n'indique au collectionneur peu érudit qu'est-ce qui est d'une grande rareté. Le timbre est tout ce qu'il y a de plus commun, l'étoile rouge n'est pas une grande rareté, le pli ne semble pas présenter de caractéristiques exceptionnelles (comme un texte historique). Reste le cachet à date, Plombières, 14 juillet 1859. Peut-être un lecteur plus versé que moi pourra-t-il m'éclairer ?

Il s'agirait de la plus belle lettre connue mais j'ai quand même l'impression qu'elle a été pliée. Peut-être est-ce une caractéristique que le vendeur considère qu'il n'a pas à mentionner.

Il y a d'autres différences qui distinguent les vendeurs Français. Déjà, une vente aux enchères en France ne semble pouvoir être organisée que par un commissaire-priseur, un titulaire d'une charge qui, comme la charge d'un notaire, doit être achetée. Le métier de commissaire-priseur est très encadré et les intéressés se plaignent justement de ce cadre légal qui entrave leur compétitivité internationale. Cependant, et je cite wikipédia, « dans la plupart des autres pays, ce cadre est en effet beaucoup moins contraignant voire inexistant, réduisant d'autant les garanties dont bénéficient tant les acheteurs que les vendeurs ». Est-ce vraiment le cas ?

Examinons un point des conditions de vente qui m'a étonné :

Tous les biens sont vendus tels quels dans l’état où ils se trouvent au moment de la vente avec leurs imperfections ou défauts. Aucune réclamation ne sera possible relativement aux restaurations d’usage et petits accidents. Il est de la responsabilité des futurs enchérisseurs d’examiner chaque bien avant la vente et de compter sur leur propre jugement aux fins de vérifier si chaque bien correspond à la description.

Les indications données par Numphil sur l’existence d’une restauration, d’un accident ou d’un incident affectant le lot, sont exprimées pour faciliter son inspection par l’acquéreur potentiel et restent soumises à son appréciation personnelle ou à celle de son expert. L’absence d’indication d’une restauration d’un accident ou d’un incident dans le catalogue, les rapports, les étiquettes ou verbalement, n’implique nullement qu’un bien soit exempt de tout défaut présent, passé ou réparé. Inversement la mention de quelque défaut n’implique pas l’absence de tous autres défauts.


Incroyable ! On ne garantit même pas à l'acheteur que les lots sont décrits de façon exacte; c'est à lui de vérifier que la description du vendeur est précise en examinant les lots à l'avance. Ce n'est pas ce qu'on peut appeler des conditions de vente qui augmentent la garantie dont bénéficie les acheteurs !

Dans les ventes nord-américaines, les conditions ressemblent le plus souvent à celles-ci :

In our opinion, all lots are as described. If a prospective purchaser wishes to obtain another expert opinion - acceptable to us - on a lot (not including mixed lots or collections containing undescribed stamps), he must request an extension in writing before the time of the auction (on the bid sheet is acceptable). Lots sold under this condition shall be held open for up to 120 days, after which the lot will not be returnable for any reason. Items that already have such certificates are sold on the basis of those certificates (unless otherwise stated in the description). Expenses for certificates shall be borne by the purchaser. If a negative opinion is received within the 120 days, the purchase price will be refunded in full, and the expertising fee (to a maximum of $40) will be paid by us. All lots sent on extension must be paid for under our normal terms. The inability of an expert committee to render an opinion on a lot is insufficient grounds for its return.

Claims for errors in description, including condition, must be made within 7 days after receipt, but no later than 45 days after the auction. Stamps returned must be in the state received and must be sent by registered mail or bonded courier. Lots back stamped, marked or encapsulated by experts or expert committees are not returnable. It is the purchaser's responsibility not to let this happen. Stamps described as having defects are not returnable on account of their condition. No lots may be returned by bidders who have had an opportunity to examine, or an agent, view them on their behalf before the sale, nor any stamps which have been photographed for perforations, centering, margins or cancellations. All stamps photographed in colour are reproduced with extreme care as to accuracy of colour and shade, however stamps photographed in colour may not be returned because of shade differences between the lot and photograph.


Les droits et devoirs semblent partagés de façon relativement équitable entre l'acheteur et la maison de vente. Entre parenthèse, on voit quel crédit est accordé aux signatures et marques d'expert de l'autre côté de l'Atlantique : une dégradation du timbre suffisante pour refuser tout remboursement...

Revenons à Numphil et continuons de lire ses conditions de vente :

Le mode normal pour enchérir consiste à être présent dans la salle de vente. Toutefois Numphil pourra accepter gracieusement de recevoir des enchères par téléphone d’un acquéreur potentiel qui se sera manifesté avant la vente.

Numphil pourra accepter gracieusement d’exécuter des ordres d’enchérir qui lui auront été transmis avant la vente et que Numphil aura accepté.

Voilà ce qui s'appelle ne pas vouloir vendre ! Comme si tout les collectionneurs de France et du monde pouvaient sauter dans un avion pour Paris le samedi matin pour assister à la vente le soir... Celui qui misera sur le timbre le plus rare du Canada en aura certainement les moyens. En aura-t-il le temps ou le goût, c'est moins certain.

Je suis un peu méchant car nonobstant le « mode normal d'enchérir » qui consiste à être présent, il est indiqué plus loin dans le catalogue de vente qu'il est possible de miser en direct par internet. Un bon point pour le vendeur !

Ayant l'avantage d'habiter en région parisienne, je pourrai assister à la vente en personne, il me suffira de prendre le RER A jusqu'au Champs-Élysée mais s'il me prenait l'envie de vouloir miser sur un lot, je devrai aller l'examiner attentivement auparavant, ce que je pourrai faire à Paris IXème du lundi au vendredi de 10h à midi et de 14h à 18h. Bravo, encore plus fort que les horaires des banques !

D'ailleurs la mienne, « afin de mieux me servir », ferme désormais à 13h le samedi plutôt qu'à 15h.

Allez, bonne nuit et rendez-vous samedi dans une semaine sur les Champs !


Mises à jour : Le timbre le plus rare du Canada est en couverture de catalogue mais on trouve également un timbre de Naples sur journal et j'ai noté un double de Genève utilisé localement.

Par Svart Riddare
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Mercredi 22 avril 2009
Une erreur moderne relativement fréquente est l'impression de timbre sans sa valeur d'affranchissement. Personnellement, je trouve que cette erreur est particulièrement mignonne sur ce timbre :

Mis en vente par Cherrystone Philatelic Auctioneers, vente aux enchères du 29.04.2009, lot n° 364.

Cote : 17 500€
Mise à prix : 9500$
Prix de vente : Invendu

Les amoureux de Raymond Peynet sont trop touchants pour être vendus 2,10 francs... et vont si bien avec la musique de Brassens :






Mises à jour : Encore un 1fr vermillon sur lettre, un bloc de 6 du penny black puis deux timbres de la poste aérienne de Terre-Neuve, 1 et 2.
Par Svart Riddare
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Mardi 31 mars 2009
Certains afficionados du ballon rond pourraient penser que je fais référence à un championnat bien connu mais non, ce qui m'intéresse ici est cette lettre, à première vue anodine :

Mis en vente par Giorgino, vente aux enchères du 27.03.2009, lot n° 1184.

Mise à prix : 15 000 Fr
Prix de vente : Invendu

Affranchie de d'une paire timbres Cérès de 10 centimes, cette lettre a été postée le 8 septembre 1850 à Marseille. Le 8 septembre ? Le premier jour officiel serait le 12 septembre selon le vendeur, ce que mon catalogue Yvert & Tellier ne confirme pas, l'information étant absente. Je me demande d'ailleurs à quoi il me sert ce catalogue...

Wikipédia précisant que la plus ancienne date d'utilisation connue est le 12 septembre, j'ai laissé un commentaire sur la page de discussion pour qu'un philatéliste plus chevronné modifie l'article s'il le juge bon. La lettre ci-haut, signée Calves, serait donc la plus ancienne connue avec ce timbre de 10 centimes.

Une autre curiosité, c'est qu'elle semble être insuffisamment affranchie. En effet, le tarif d'une lettre simple était passé de 20 à 25 centimes le 1er juillet 1850.

Quand on est de Marseille, on est condamné à ne plus croire à rien ! écrivait Gaston Leroux.



Mises à jour : Un 1fr vermillon sur lettre invendu à Paris tente sa chance en Suisse, un usage correct pour la surcharge aérienne Pasteur et ce qui semble être un double de Genève sur fragment.

Par Svart Riddare
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Samedi 28 février 2009
En 1928, la traversée de l'Atlantique par paquebot demandait une petite semaine de cinq ou six jours. C'est cette année-là que les Français auront une idée qui semble aujourd'hui plutôt saugrenue afin de gagner un peu moins d'une journée dans les délais d'acheminement du courrier.

Ça se passe sur le paquebot Île-de-France, le 13 août 1928. Le paquebot, parti du Havre, est à environ 750 km de New-York, sa destination. Un hydravion, piloté par le lieutenant Demougeot, est catapulté (par un dispositif sur rail mû par des pistons à air comprimé) au-dessus de l'océan. Cet hydravion se posera sur l'Hudson (ça ne vous rappelle pas un événement récent ?), ce qui permettra de livrer le courrier à New-York un peu plus d'une demie-journée avant l'arrivée du paquebot.

L'expérience est un succès. Elle sera réitérée au voyage de retour vers Le Havre (en pratique l'hydravion puis durant de nombreuses autres traversées en 1929 et 1930, avant d'être abandonnée car, à défaut d'amuser la galerie, l'intérêt de cette manoeuvre n'est pas évident.

L'affranchissement d'un pli destiné à voyager ainsi était surtaxé de 10 francs pour la partie aérienne. Lors des deux premiers vols inauguraux (l'un vers New-York et l'autre vers Le Havre au retour), une griffe commémorative est apposée sur les plis :

AOUT-SEPTEMBRE 1928
PREMIER LIASON POSTALE AERIENNE
TRANSATLANTIQUE
PAR HYDROAVION LANCE PAR CATAPULTE
DE " L'ILE DE FRANCE "
PILOTE LIEUTENANT DE VAISSEAU L. DEMOUGEOT,

griffe complétée par un cachet octogonal LE HAVRE A NEW YORK ou NEW YORK AU HAVRE.

Suite à l'arrivée à New-York, l'engouement du public est grand et le consul français autorise deux surcharges afin de pallier à une éventuelle pénurie de timbres de 10 francs pour le voyage retour :

Mis en vente par François Feldman, vente sur offres n° 79 du 12.03.2009, lot n° 776.

Cote : 15 500€
Mise à prix : 7000€

Mis en vente par François Feldman, vente sur offres n° 79 du 12.03.2009, lot n° 778.

Cote : 19 250€
Mise à prix : 9000€
Prix de vente : Invendu

Ces timbres sont rares, 2700 et 900 exemplaires ont été surchargés. Il y a deux types différents; on voit sur les deux lots ci-haut que l'espacement entre le 10 Fr. et les deux barres horizontales n'est pas le même. Dans un cas on a 6 mm, dans l'autre huit.

L'administration n'a pas vu d'un très bon oeil ces surcharges; elles ont été démonétisées immédiatement. Ces timbres n'ont donc pu servir que sur les plis ayant fait le voyage retour.

Voici deux plis offerts dans la même vente :

Mis en vente par François Feldman, vente sur offres n° 79 du 12.03.2009, lot n° 777.

Mise à prix : 300€
Prix de vente : Invendu

Mis en vente par François Feldman, vente sur offres n° 79 du 12.03.2009, lot n° 779.

Mise à prix : 6000€
Prix de vente : 6489€

Ces deux plis présentent tous les deux un caractère artificiel. Le premier parce qu'il est adressé au lieutenant Demougeot qui n'est autre que le pilote; une remise en main propre n'était pas suffisante ? Le second car il est à destination de New York; il s'agit donc d'un envoi purement philatélique, peut-être de J.J. Klemann à lui-même. De plus, il serait insuffisamment affranchi (le montant de 10 francs ne servant à payer que la surcharge pour la poste aérienne). Le vendeur (qui donne par erreur le 23/8/28 comme date du cachet) ne précise pas s'il y a des marques d'arrivée au verso; on peut donc émettre l'hypothèse que la lettre n'a même pas voyagée.

Mise à jour du 30 mars 2009

Voici deux plis qui semblent être correctement affranchis :

Mis en vente par Giorgino, vente aux enchères du 27.03.2009, lot n° 1265.

Mise à prix : 8000 Fr
Prix de vente : 10 000 Fr

Chaque lettre est affranchie au tarif de 1,50 franc, auquel on s'ajoutent 10 francs correspondant à la surtaxe aérienne. Les timbres sont oblitérés du cachet approprié ainsi que divers autres éléments comme la griffe commémorative, la signature du pilote, etc.

Ce qui est quand même un peu dommage c'est que les lettres ont fait un détour par Brest avant d'être redirigées vers Paris, du coup le gain d'une journée offert par l'hydravion catapulté devient anecdotique.




Mise à jour : Ce que font les britanniques avec les lettres immergées dans l'océan.


Par Svart Riddare
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Jeudi 25 décembre 2008
C'est un participant assidu du newsgroup fr.rec.philatelie qui a fait une observation amusante que je reprends sur ce blog.

Voici d'abord un timbre relativement commun, le 10 centimes Napoléon III « lauré », de couleur bistre :

10 centimes Napoléon III
Mis en vente par frenchcovers sur ebay, vente aux enchères se terminant le 14.12.2008, lot n° 190272901135.

Prix de départ : 0,01€
Prix de vente : 44,94€

Cet exemplaire est neuf avec gomme. Le vendeur, dans un optimisme débridé, le qualifie de superbe. Une vente bien ordinaire qui serait passée totalement inaperçue s'il n'y avait pas eu, une semaine plus tard, le lot suivant d'offert à la vente :

10 centimes Napoléon III
Mis en vente par antoseka sur ebay, vente aux enchères se terminant le 27.12.2008, lot n° 130276902164.

Prix de départ : 1,00€
Prix de vente : 25,50€

Il s'agit d'un timbre non-émis, qui est numéroté par le catalogue Yvert & Tellier et qui est donc recherché par des collectionneurs qui autrement ne s'y seraient pas intéressés. Sans être rare, il est beaucoup moins commun que son homologue sans surcharge.

On se convaincra facilement que ce timbre est le même qui celui illustré en début d'article. En examinant les listings d'enchères sur ebay, on constate que l'acheteur du premier est le vendeur du second...

Le vendeur précise que le timbre est authentique mais que la surcharge n'est pas d'époque. On s'en doute, vu sa médiocre ressemblance avec l'original. Le procédé utilisé est probablement numérique, vu la pixellisation. Dans ce cas, pourquoi ne pas mieux reproduire l'original ?

Comme le fait remarquer un autre lecteur de fr.rec.philatelie, on ne peut que s'incliner devant un type qui « investit » 45 euros pour acheter un timbre qu'il bidouille si manifestement pour le reproposer ensuite à la vente à partir de un euro. Réussira-t-il à convaincre un acheteur ? Réponse dans quelques jours...


Mise à jour : Plus sérieusement, la détermination des types de surchage pour le vol du Columbia ainsi que l'ajout d'une page de références philatéliques accessibles sur la toile.

Par Svart Riddare
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Mercredi 12 novembre 2008
Ce n'est un secret pour personne, les premiers timbres n'étaient pas dentelés. Il fallait donc, pour les séparer, manier le ciseau, ce que les agents du service postal faisaient avec plus ou moins de dextérité. Rapidement, des expérimentations de dentelure eurent lieu un peu partout dans le monde.

L'Angleterre (forcément) émettait ses premiers timbres dentelés en 1854, grâce à une technique mise au point par un Irlandais, Henry Archer, en 1848. En France, il fallut attendre 1862. Choisir la même solution que les britanniques ne pouvait évidemment se faire qu'après avoir exploré d'autres pistes.

Parmi ces pistes, il y eut la machine des frères Susse, papetiers à Paris, qui « permet de faire en cinq minutes le travail d'une heure ». Manifestement, on n'avait pas encore pensé à adapter la guillotine pour trancher le papier car dans ce cas je doute que le gain eut été aussi manifeste.

À l'exception des premiers timbres de Finlande à la dentelure si particulière, je crois que je n'ai jamais vu d'aussi grosses dents :

80c rose, piquage de Susse

Mis en vente par Behr Philatélie, vente sur offres n° 5 se terminant le 25.11.2008, lot n° 243.

Prix de départ : 900€

Prix de vente : Invendu


En général, ces essais de perforations se collectionnent sur lettre, afin d'éliminer tous les exemplaires de complaisance. En effet, que faire d'une machine à perforer une fois qu'elle a échoué à convaincre ? La revendre à un marchand de timbre... Ce serait la maison Maury (on parle beaucoup du catalogue éponyme en ce moment sur les blogs) qui s'en serait portée acquéreur une dizaine d'années plus tard.

L'exemplaire ci-haut est exceptionnellement bien centré et a donc probablement été « fabriqué » avec soin. Il n'en demeure pas moins un témoin amusant des efforts réalisés par les inventeurs du dix-neuvième siècle pour créer les vignettes dentelées qui ont tant déclenchées de passion et qui arrivent aujourd'hui en fin de vie...


Mise à jour : Chez le même vendeur, un 1fr vermillon vif sur lettre ainsi qu'un bloc pour le bien des aveugles.

Par Svart Riddare
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Lundi 10 novembre 2008
Parfois, certains timbres extrêmement rares ne sont connus qu'en (très) mauvais état. Le collectionneur n'a donc pas le choix, s'il souhaite faire l'acquisition d'un tel timbre, il devra se contenter de l'état dans lequel il est disponible. Cependant, parfois, certaines raretés sont disponibles en excellent état ou en très mauvais état. Voici un exemple de la seconde possibilité :

Le n° 1 de France, tête-bêcheLe n° 1 de France, tête-bêche
Mis en vente sur Delcampe par jackyb2005, lot n° 47649333.

Cote : 50 000€
Prix de départ : 4300€, puis 3900€

Il s'agit du n° 1 de France, le 10 centimes Cerès, tête-bêche, sur lettre, dont une douzaine d'exemplaires seraient connus. On peut constater que malheureusement cette paire a été collée sur le haut de la lettre, repliée au verso et déchirée sans ménagement lors de l'ouverture du pli.

L'importante décote illustre bien le peu d'engouement que ce genre de pièce doit susciter auprès des collectionneurs. Elle risque donc de ne pas se vendre, d'autant plus que Delcampe n'est certainement pas le site le plus visité par les amateurs de raretés...
Par Svart Riddare
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Mardi 20 mai 2008
Le bleu de Prusse est une couleur synthétique créée accidentellement par le peintre Heinrich Diesbach au début du dix-huitième siècle, il y a un peu plus de 300 ans. Ironie de l'histoire, il semble que c'est la principale contribution au domaine de l'art qu'on ait retenu de ce peintre...

Il est difficile d'imaginer aujourd'hui que cette synthétisation était une mini-révolution dans le monde de la peinture. En effet, à l'époque, la seule couleur bleue stable qu'on connaissait était l'outremer, obtenue à partir de lapis-lazuli, ce qui en faisait une couleur encore plus chère que l'or !

La France possède un timbre de couleur bleu de Prusse célèbre par sa rareté. Il s'agit d'un timbre de un centime de la série allégorique « paix et commerce », également connue sous le nom de « Type Sage », en vigueur de 1876 à 1900. Le timbre en question ne semble en fait n'être qu'une variété de couleur et non une teinte explicitement souhaitée par les autorités postales comme le fut le 1fr carmin en remplacement du 1fr vermillon.

Toujours est-il que cette variété de couleur est très recherchée et, le nombre d'exemplaires disponibles étant peu élevé, les prix atteignent de fortes valeurs.

1c bleu de Prusse
Mis en vente par François Feldman, vente internet n° 76 du 22.05.2008, lot n° 205.

Cote : 15 000€
Prix de départ : 6000€
Prix de vente : Invendu

1c bleu de Prusse
Mis en vente par François Feldman, vente internet n° 76 du 22.05.2008, lot n° 206.

Cote : 15 000€
Prix de départ : 4000€
Prix de vente : Invendu

Le timbre de 1c courant est de couleur noir sur azuré ou diverses autres teintes bleutées. Ainsi, il y a de la place pour le rêve : « Et si mon 1c était en fait un bleu de Prusse ? » se demande l'amateur optimiste.

Et, logiquement, on retrouve des offres de ce style :

1c bleu de Prusse
Mis en vente par henriduyn sur eBay, lot n° 120262334332.

Prix de départ : 10€
Prix de vente : 20,50€

Il s'agit bien évidemment d'une reproduction ou d'un timbre normal regommé dont la couleur a été altérée. Le vendeur, tout en précisant qu'il est vendu comme non-authentique, écrit qu'il s'agit

néanmoins une rare opportunité pour un collectionneur, de voir figurer dans sa collection un timbre rare, non-oblitéré, à un prix très abordable, en attendant de pouvoir dénicher un exemplaire certifié d'origine. Le nombre de vignettes disponibles est très, très limité.

Ce n'est pas un timbre rare qui est ajouté dans la collection, mais une banale reproduction, qui a néanmoins coûté 25 euros avec les frais de port à un amateur.

Ce vendeur est d'ailleurs un spécialiste des reproductions de timbres français rares ou du moins particulièrement onéreux. On trouve d'ailleurs sur les sites belges et canadiens une offre semblable pour un 1c bleu de Prusse, dont l'un a été acheté par... le même acheteur que celui illustré ci-haut !

Par Svart Riddare
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Dimanche 20 avril 2008
Parfois, des timbres rares sont offerts à la vente par des maisons de ventes qui ne sont pas spécialisées en philatélie et qui offrent oeuvres d'art, mobilier et objets de collection en général. Que penser de la portée de ces ventes, combien d'acheteurs potentiels n'en auront jamais connaissance ? Quel pourcentage de philatélistes actifs dans les ventes aux enchères s'intéressent également aux ventes de meubles anciens, d'argenterie, de toiles ? D'ailleurs, la rareté présentée dans cet article était annoncée sur eBay, probablement afin de toucher un plus grand nombre de collectionneurs.

Comme je ne vois pas l'intérêt pour le propriétaire d'une collection de timbres de la vendre ainsi, je ne peux supposer qu'il doit s'agir la plupart du temps de la liquidation d'un patrimoine comprenant de très nombreux objets d'art et, accessoirement, de timbres-poste.

Voici un exemple de ce qu'on peut trouver dans une telle vente :

1fr Napoléon, bloc de douze
Mis en vente par Gorringes Auction Galleries, vente aux enchères n° LAPR08 du 23.04.2008, lot n° 809.

Valeur estimée : 40 000 à 60 000£
Prix de vente : 64 000£

Un impressionnant bloc de douze timbres du 1fr Napoléon de 1853, un coin de feuille avec la ligne d'encadrement et la marque de contrôle. Il possède quelques petits défauts comme de légers amincis mais demeure un bloc exceptionnel avec gomme originale.

Si vous préférez la peinture, vous pouvez jeter votre dévolu sur une nature morte de Maurice de Vlaminck, estimée entre 30 000 et 40 000£.

Maurice de Vlaminck, nature morte

Par Svart Riddare
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Jeudi 10 avril 2008
Faut-il présenter le plus célèbre des timbres français ? Le plus célèbre par sa rareté. Émis le premier janvier 1849, valeur la plus élevée de la première émission de France, il sera retiré de la vente en décembre de la même année pour être remplacé par un timbre de même valeur nominale mais de couleur carmin, la couleur vermillon ayant été jugée trop proche de la couleur du timbre orange de 40 centimes.

1fr vermillon sur lettre
Mis en vente par Roumet Philatélie, vente sur offres n° 511 se terminant le 15.04.2008, lot n° 115.

Prix de départ : 25 000€
Prix de vente : 28 050€

Cette lettre postée à Sedan le 19 juillet 1850 est affranchie d'un exemplaire vermillon vif. On remarquera de nombreuses signatures (d'experts) sur la lettre, ainsi que le n° de lot au crayon dans le coin inférieur droit, comme s'il était absolument nécessaire que le vendeur laisse sa marque sur cette pièce rare.

Cette date est postérieure à la date d'émission de la circulaire de retrait du timbre vermillon :

1fr vermillon sur lettre
Mis en vente par Spink, vente aux enchères n° 3035 du 17.11.2003, lot n° 39.

Valeur estimée : 30 000 à 40 000€
Prix de vente : 42 000€

Collection La Fayette

Cette circulaire comprend une moitié du timbre vermillon (à gauche) ainsi qu'une moitié du timbre carmin, afin que les agents des postes puissent aisément identifier les deux couleurs de timbre.

Ce témoin de l'histoire philatélique française était offert dans une vente exceptionnelle organisée conjointement par Spink (de Londres) et Behr Philatélie et qui eut lieu le 17 novembre 2003 à Paris. La collection « La Fayette » comprenait 18 plis affranchis d'un ou plusieurs exemplaires du 1fr vermillon.

1fr vermillon sur lettre
Mis en vente par Spink, vente aux enchères n° 3035 du 17.11.2003, lot n° 38.

Valeur estimée : 150 000 à 225 000€
Prix de vente : 120 000€

Collection La Fayette

Cette lettre à destination de Lisbonne comprend un exemplaire du timbre vermillon et deux du timbre carmin qui le remplace. C'est la seule connue où figurent les deux couleurs.

1fr vermillon sur lettre
Mis en vente par Spink, vente aux enchères n° 3035 du 17.11.2003, lot n° 44.

Valeur estimée : 20 000 à 30 000€
Prix de vente : Invendu

Collection La Fayette

Une lettre à destination d'Annecy, en Savoie, alors partie du royaume de Sardaigne, insuffisamment affranchie et donc taxée.

1fr vermillon sur lettre
Mis en vente par Spink, vente aux enchères n° 3035 du 17.11.2003, lot n° 45.

Valeur estimée : 14 000 à 18 000€
Prix de vente : Invendu

Collection La Fayette

Une lettre double; l'adresse est rédigée au verso de la lettre originale envoyée par le conservateur des hypothèque de Montluçon au notaire, qui renvoie la réponse le 30 août 1849 affranchissement avec un 1fr vermillon clair.

1fr vermillon sur lettre
Mis en vente par Spink, vente aux enchères n° 3035 du 17.11.2003, lot n° 46.

Valeur estimée : 14 000 à 18 000€
Prix de vente : 11 000€

Collection La Fayette

Une lettre envoyée de Paris vers Rochefort, affranchie avec un exemplaire d'une teinte couleur saumon.

1fr vermillon sur lettre
Mis en vente par Spink, vente aux enchères n° 3035 du 17.11.2003, lot n° 53.

Valeur estimée : 125 000 à 175 000€
Prix de vente : 100 000€

Collection La Fayette

Une lettre envoyée le 16 octobre 1849 du Jura à destination des États pontificaux, affranchie au tarif 1,20 fr pour l'Italie, l'un des trois plis connus avec ces deux timbres. Cette lettre a été offerte en juin 1995 par Hobbyphilatelie höflich KG en juin 1995 pour un prix de départ de 120 000 marks.

1fr vermillon sur lettre
Mis en vente par Spink, vente aux enchères n° 3035 du 17.11.2003, lot n° 56.

Valeur estimée : 30 000 à 40 000€
Prix de vente : 24 000€

ex Seligson, Collection La Fayette

Un exemplaire vermillon vif foncé, avec une oblitération manuscrite « plume ». Le seul exemplaire connu avec cette oblitération sur lettre. Le timbre aurait été enlevé pour examen puis recollé.

1fr vermillon sur lettre
Mis en vente par Spink, vente aux enchères n° 3035 du 17.11.2003, lot n° 59.

Valeur estimée : 12 000 à 20 000€
Prix de vente : Invendu

Collection La Fayette

Un exemplaire de couleur vermillon orange vif qui serait représentatif de la teinte des timbres utilisés dans le département de l'Ariège.

1fr vermillon sur lettre
Mis en vente par Spink, vente aux enchères n° 3035 du 17.11.2003, lot n° 60.

Valeur estimée : 50 000 à 60 000€
Prix de vente : 40 000€

Collection La Fayette

Un exemplaire de la même teinte, utilisé tardivement (le 3 mai 1851) sur une lettre à destination de la Sardaigne. Il faut croire que ce n'est pas tous les bureaux de poste qui avaient échangés leurs timbres vermillons contre des carmins !

1fr vermillon sur lettre
Mis en vente par Spink, vente aux enchères n° 3035 du 17.11.2003, lot n° 61.

Valeur estimée : 65 000 à 90 000€
Prix de vente : 52 000€

Collection La Fayette

Une exceptionnelle paire de couleur orangée, sur une lettre à destination de Millau. Les timbres ont été décollés puis refixés à l'enveloppe à l'aide d'une charnière.

1fr vermillon sur lettre
Mis en vente par Spink, vente aux enchères n° 3035 du 17.11.2003, lot n° 67.

Valeur estimée : 135 000 à 175 000€
Prix de vente : 110 000€

Collection La Fayette

Un exemplaire vermillon rouge clair, le seul connu sur lettre avec ce type de cachet à date. Postée de l'Hérault le 11 janvier 1849, soit moins de deux semaines après la mise en vente du timbre.

1fr vermillon sur lettre
Mis en vente par Spink, vente aux enchères n° 3035 du 17.11.2003, lot n° 68.

Valeur estimée : 20 000 à 25 000€
Prix de vente : Invendu

Collection La Fayette

Un lettre d'origine rurale du département de l'Isère.

1fr vermillon sur lettre
Mis en vente par Spink, vente aux enchères n° 3035 du 17.11.2003, lot n° 69.

Valeur estimée : 17 500 à 22 500€
Prix de vente : 19 000€

Collection La Fayette

Une jolie lettre postée le 22 décembre 1849 affranchie avec un bel exemplaire vermillon rouge clair.

1fr vermillon sur lettre
Mis en vente par Spink, vente aux enchères n° 3035 du 17.11.2003, lot n° 70.

Valeur estimée : 22 500 à 30 000€
Prix de vente : Invendu

Collection La Fayette

Un exemplaire vermillon rouge foncé, sur une lettre postée de l'Aisne le 25 février 1849.

1fr vermillon sur lettre
Mis en vente par Spink, vente aux enchères n° 3035 du 17.11.2003, lot n° 71.

Valeur estimée : 25 000 à 30 000€
Prix de vente : Invendu

Collection La Fayette

Une lettre postée de Paris le 19 janvier 1849 à destination de Rouen, affranchie d'un timbre vermillon rouge très foncé, la teinte la plus vive de cette émission.

1fr vermillon sur lettre
Mis en vente par Spink, vente aux enchères n° 3035 du 17.11.2003, lot n° 73.

Valeur estimée : 25 000 à 35 000€
Prix de vente : 26 000€

Collection La Fayette

Un exemplaire vermillon rouge, d'une teinte caractéristique des timbres utilisés à Sedan, sur une lettre postée le 12 septembre 1850 à destination de Lannion.

1fr vermillon sur lettre
Mis en vente par Spink, vente aux enchères n° 3035 du 17.11.2003, lot n° 74.

Valeur estimée : 20 000 à 25 000€
Prix de vente : Invendu

Collection La Fayette

Un autre exemplaire utilisé à Sedan, d'une teinte toute aussi particulière.

1fr vermillon sur lettre
Mis en vente par Spink, vente aux enchères n° 3035 du 17.11.2003, lot n° 81.

Valeur estimée : 30 000 à 40 000€
Prix de vente : 24 000€

Collection La Fayette

Un exemplaire vermillon terne, frappé d'un cachet du bureau central de Paris daté du 10 janvier 1849. Une pièce de référence pour cette couleur caractéristique.

1fr vermillon sur lettre
Mis en vente par Spink, vente aux enchères n° 3035 du 17.11.2003, lot n° 82.

Valeur estimée : 70 000 à 130 000€
Prix de vente : 56 000€

Collection La Fayette

Une extraordinairement rare paire tête-bêche, la seule connue sur lettre, à destination de Bombay. Que demander de plus ?

Mise à jour du 12 novembre 2008

Voici une autre lettre offerte par Behr Philatélie, un exemplaire vermillon vif, utilisé sur un pli posté de Crest le 25 août 1849 à destination de Grenoble :

1fr vermillon sur lettre

Mis en vente par Giorgino, vente aux enchères du 28.03.2009, lot n° 1210.

 

Mise à prix : 24 000 Fr

Prix de vente : Invendu

 

Mis en vente par Behr Philatélie, vente sur offres n° 5 se terminant le 25.11.2008, lot n° 109.

Cote : 32 500€
Mise à prix : 18 500€

Prix de vente : Invendu


Mise à jour du 29 mars 2009

L'exemplaire sur lettre ci-haut (Crest, 25 août 1849), n'ayant pas trouvé preneur à Paris, est offert quatre mois plus tard dans une vente aux enchères en Suisse. Trouvera-t-il preneur ?

Un exemplaire sur fragment est également offert durant cette vente :

Mis en vente par Giorgino, vente aux enchères du 28.03.2009, lot n° 1209.

Mise à prix : 10 000 Fr
Prix de vente : 11 000 Fr

Le pli a été posté de Arcis sur Aube le 27 août 1849. Remarquez les cinq signatures sur le fragment !

Mise à jour du 11 avril 2009

Un bel exemplaire sur cette lettre postée de Lyon le 18 janvier 1849 et arrivée le lendemain à Tonnerre dans l'Yonne :

Mis en vente par David Feldman SA, vente aux enchères du 01.05.2009, lot n° 60014.

Valeur estimée : 16 000 à 24 000€
Prix de vente : 17 000€

On remarquera que toutes les lettres ci-haut à l'exception de deux sont frappées de l'oblitération grille. Les deux lettres en question sont datées du 10 et 11 janvier 1849. L'oblitération grille aurait été livrée en province à partir du 11 janvier 1849. Son utilisation sur la lettre ci-haut, datée du 18 janvier (trois semaines après la mise en circulation du timbre d'ailleurs), est donc correcte. Il est également intéressant que noter que le timbre est annulé par l'oblitération grille et le cachet à date.

Mise à jour du 22 avril 2009

Il faut croire que c'est la saison des 1fr vermillon sur lettre :

Mis en vente par Cherrystone Philatelic Auctioneers, vente aux enchères du 29.04.2009, lot n° 316.

Cote : 32 500€
Mise à prix : 9000$
Prix de vente : Invendu

Postée de Cognac le 26 juin 1849 par un certain Moullon, huissier, à destination d'un autre huissier, à Pérignac. La lettre ne semble pas avoir de particularité intéressante.

Par Svart Riddare
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